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LE SYSTÈME LICENCE-MASTER-DOCTORAT (LMD), POUR UNE FORMATION DE QUALITE EN AFRIQUE

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Introduction

 

Le développement harmonieux d’un pays dépend essentiellement de la qualité des ressources humaines qui s’y consacrent. Depuis les années 90, les pays de l’Afrique subsaharienne, particulièrement les pays francophones, ont amorcé un nouveau  virage politique sous la dictée de l’occident. La fin théorique des régimes dictatoriaux et des partis uniques, le basculement intégral dans la démocratie et la sourde réprobation des politiques d’ajustement structurel, inhibiteurs de toute initiative nationale de souveraineté, la mondialisation et la globalisation semblent régler définitivement la question honteuse des éternels coups d’état spectaculaires et ouvrir de nouvelles perspectives pour l’épanouissement social, politique, culturel et économique des peuples de ces régions. Dès lors, ces pays apportent une attention particulière à la formation de leurs cadres en marquant une volonté accrue vers le renouvellement des programmes de formation et d’apprentissage. Ils optent de façon résolue pour le système Licence-Master-Doctorat (LMD). Cette option n’accuse pas le système évanescent actuel ni ne le déclasse, car il a donné beaucoup de cadres compétents à cette partie de l’Afrique, mais elle exprime la détermination des pays à moderniser la formation, à l’ouvrir sur les  métiers du terroir et du milieu, et sur ceux du monde. Or, le système qui peut aider à atteindre ces visées est, dans une large mesure, le LMD parce qu’il est porteur d’enjeux et de défis pour l’Afrique. C’est pourquoi il me plaît d’énumérer de façon très schématique les enjeux et les défis du LMD pour l’Afrique globalement, les apprenants et les enseignants en particulier.

 

I-Les enjeux du LMD pour tous

L’enjeu se présente comme une mise au jeu.  En misant sur un objet ou sur un animal, on espère gagner quelque chose, mais on peut y perdre aussi. L’enjeu se définit donc comme un avantage à acquérir ou une perte en s’engageant dans une action. Ainsi, cette partie du développement examine les avantages et les inconvénients du système LMD aussi bien pour l’apprenant, l’enseignant que pour les états.

  1. Pour l’apprenant
  •  Enjeu de conformité institutionnelle par le respect des orientations des gouvernements, celui peut-être des directives des espaces UEMOA et CEMAC, le respect des standards du REESAO et celui des directives du CAMES en la matière. L’apprenant est certain de la qualité de la formation qu’il reçoit et dispose d’éléments de comparaison à l’intérieur et à l’extérieur de son espace ;
  • Enjeu de professionnalisation de la formation aux différents grades licence, master et doctorat. On pense dès lors que le LMD renferme deux orientations, deux portails de sortie pour l’apprenant : ce sont la recherche et la professionnalisation. Pour dire vrai, il n’y a qu’une seule orientation : la professionnalisation, car la recherche elle aussi est une profession. Là, chaque domaine, chaque mention doivent pouvoir prendre des  initiatives hardies pour professionnaliser. Ainsi, l’apprenant pourra-t-il choisir d’entreprendre une formation de courte durée ou une autre de longue durée. Une pareille mise en place d’un cursus de formation souple et performant, de caractère académique fondamental ou professionnalisant, offre à tous les niveaux la possibilité pour l’apprenant de s’insérer dans le tissu socio-économique. L’on ne perçoit pas bien dans nos pays le caractère professionnalisant de la recherche. Et pourtant, on ne peut enseigner sans la recherche comme il n’y a pas de développement sans elle, car une recherche dynamique transfère les technologies aux entreprises et aux autres secteurs de l’activité productrice de revenus ;
  • Enjeu de flexibilité, de mobilité et d’harmonisation afin de permettre au plus grand nombre, où qu’il soit, de poursuivre sa formation le plus loin possible, afin également de régionaliser, de continentaliser et d’internationaliser la formation. L’intégration plus facile des crédits acquis dans d’autres universités en Europe, en Amérique, en Afrique ou en Asie est un atout important : c’est la transférabilité ;
  • Enjeu de modernité à travers tout à la fois le programme, l’innovation pédagogique, les moyens et techniques d’enseignement, les types d’enseignement, les infrastructures et les équipements. J’ai la conviction que beaucoup de problèmes de pénuries seront réglés par le biais de la réforme : manque de salles de cours, insuffisance d’équipements de laboratoire et de recherche, insuffisance de professeurs, insuffisance de moyens financiers. Je ne dis pas que tout sera réglé subitement, mais progressivement et sûrement, car à chacun son LMD ;
  • Enjeu d’une plus grande lisibilité des niveaux de sortie pour tous (étudiant, famille, professionnels…). Les offres de formation se calqueront sur les métiers existants, sur ceux d’avenir et sur ceux exprimés par les besoins de la société et des entreprises ;
  • L’augmentation des filières ciblées.

Des problèmes de vie se posent aux populations des pays, qui ont besoin de solutions rapides,
endogènes et pertinentes. Ce sont l’eau, l’énergie, l’autosuffisance alimentaire, la santé par
les affections des régions tropicales, etc. Ils sont générateurs de métiers dans lesquels
peuvent s’inscrire et évoluer les apprenants ;

  • L’organisation de la formation continue. L’acquisition des connaissances tout au long d’une carrière est ouverte et reste possible pour peu que l’on s’y intéresse. Le résultat d’un tel dispositif renforce les compétences, les complète et les améliore. La rentabilité et l’efficacité du travail n’en seront que plus grandes ;
  • La mise en place d’un système d’orientation progressive. Il est déplorable qu’il n’y ait pas dans la plupart de ces pays un véritable service d’orientation. Même les commissions internes aux universités ne délivrent que des équivalences pour s’inscrire en telle ou telle année alors que l’orientation devrait pouvoir diriger l’apprenant dans le domaine, la mention auxquels le destinent ses capacités intellectuelles. « Soyez maçon si c’est là votre vocation », dit-on couramment. La ruée de la quasi totalité des bacheliers vers les facultés dites de formation classique et déjà par trop engorgées ressemble à de l’aventurisme formative ; elle n’entraîne que des échecs en masse et rend difficile la gestion des flux. L’autre conséquence plus grave est la grande concentration humaine sur un espace restreint créant des étudiants carriéristes, ingénieux dans l’organisation des réseaux de tricheries, de fraudes et de compromissions. La mise en place de ce système donnera un coup d’arrêt à la transhumance estudiantine ;
  • La facilitation des réorientations en cours de cycle par la semestrialisation. L’autonomie relative du semestre permet à l’apprenant, au cas où l’échec serait répétitif, de se réorienter. De même le changement d’intérêt en cours de formation peut y autoriser ; la flexibilité est totale en LMD ;
  • L’instauration d’un système de contrôle des connaissances souple. Ce contrôle peut être continu ou bloqué. En évaluant chaque semestre deux fois dans le meilleur des cas, une grande chance de succès est ainsi donnée à l’apprenant. A quoi servirait encore une session de rattrapage si déjà deux sessions d’examen évaluent chaque semestre ?  La chose serait même difficile à faire. Peut-être devra-t-on pour l’instant revenir à la tradition des évaluations orales de l’université naissante pour régler le problème de la gestion des grands groupes que l’on connaît actuellement. Néanmoins,  le système offre, par le biais du tutorat, la possibilité de la remédiation nécessaire au succès ;
  • Le renforcement des capacités méthodologiques et communicationnelles de l’étudiant. L’un des volets de la semestrialisation est l’organisation de l’offre de formation en de grands axes. L’un des axes concerne la méthodologie, l’éthique et la déontologie du métier ou du secteur. En soumettant l’apprenant à cette formation, le LMD augmente sa capacité à communiquer, à maîtriser les différents rouages de son secteur d’activité et à y être performant;
  • La préparation à l’insertion dans l’activité socio-économique. Le travail personnel de l’apprenant, les stages en cours de formation, les manipulations dans les laboratoires, les sorties pédagogiques préparent, sans conteste, l’apprenant à une adaptabilité dans le monde socio-économique. De plus, certains aspects de sa formation lui inculquent l’esprit entrepreneurial au point qu’à la sortie, il ne tergiverse pas sur l’activité à embrasser ;
  • La construction d’un système de formation doctorale de référence. Dès lors que l’apprenant peut sortir à tous les niveaux, nanti d’un grade utilisable, il est plus facile pour le décideur politique et le responsable universitaire de réorganiser les facultés et les écoles existantes afin de les spécialiser. Cela leur permettra de créer des écoles doctorales comme des pôles d’excellence où seront formés des cadres de haut niveau de compétence ;
  • La production d’une nouvelle génération d’acteurs ayant une formation pluridisciplinaire, lesquels seront donc capables de s’adapter à un monde changeant.

 

De par sa structure, le LMD est compatible avec les systèmes internationaux de formation supérieure. Il propose :

  • Des formations de renforcement en communication et nouvelles technologies de l’information de la communication (NTIC) ;
  • Des passerelles entre les mentions et les spécialités, permettant ainsi à l’étudiant, tout en   conservant ses acquis, de se réorienter au sein de son établissement ou d’un établissement à un autre;
  • Le retour à l’université après une expérience professionnelle, sous certaines conditions. C’est à ce niveau que se joue la prise en compte des VAE ou des VAP.
    1. Pour l’enseignant

L’enseignant a beaucoup à gagner dans le nouveau système.

  • La prise en charge au d’une équipe soudée. En effet, l’offre de formation s’élabore sous la responsabilité d’un enseignant de rang magistral autour de qui travaille une équipe. Ce type d’organisation établit une solidarité et une collégialité porteuses de solutions adéquates à toutes sortes de problèmes d’exécution du programme ;
  • La revalorisation de la fonction enseignante. Cela passe par de meilleures conditions de travail et une rémunération subséquente consécutive au surplus de travail que demande le LMD ;
  • L’innovation pédagogique pour lui permettre au diapason des nouvelles méthodes d’enseignement. Il utilisera toutes les formes de communication du savoir : le présentiel, le distanciel avec pour outils les technologies de l’information et de la communication appliquées à l’enseignement (TICE);
  • La modernité de son métier lui donnera plus de considération, plus d’assurance en lui-même pour des performances de plus en plus accrues.

  1. Pour les états

Le gain des états africains à adopter et financer le LMD est incommensurable. Y a-t-il  quelque chose de supérieur pour un état de disposer de cadres compétents de tous les niveaux, susceptibles de travailler à son développement ?

  • La pyramide des cadres serait plus équilibrée. En effet, l’observation de cette pyramide donne à constater l’existence d’une pléthore de cadres de haut niveau, des concepteurs pointus tandis que les pays manquent de personnels d’exécution, de techniciens, de cadres moyens  capables de travailler dans les entreprises et d’autres secteurs de production. Le LMD remédie à cette carence par son organisation professionnalisant  à tous les grades ;
  • La sortie du sous-développement ou l’émergence des états deviendra un horizon plus proche et plus certain du fait de la mise sur le marché d’acteurs sociaux, culturels, industriels, commerciaux, entrepreneuriaux, économiques compétents et aguerris, nantis d’une vision en perspective du développement parce que connaissant les réalités du pays et de l’environnement mondial.

A la vérité, le LMD apporte des transformations mentales, intellectuelles et  comportementales à chacun  et à tous pour la conquête du progrès.

II-  Des transformations ultérieures notoires

Mon discours paraît utopique. Soit. Mes contradicteurs devront proposer une autre vision du lMD pour me persuader de ne pas y pousser les états africains. Les étudiants, pour leur part, esquisseront un sourire en coin, car je semble proposer un nouveau monde où il fera bon vivre pour eux, où il n’y aura plus de tracasseries, ni d’échecs, d’où chacun sortira avec une capacité de productivité récupérable immédiatement par les secteurs social, culturel et économique. Un monde de rêve. Détrompez-vous ! Je n’ai jamais montré un tel monde, mais j’ai plutôt brossé les multiples avantages du système LMD. Je dois dire, pour être franc avec vous, que le LMD recèle des aspects pernicieux auxquels il faut prendre garde.
o     Le contenu des grades deviendra concurrentiel. Des universités peuvent obéir au même schéma de formation sans pour autant détenir le même label. La labellisation par les certifications et les accréditations départagera les structures de formation et créera des centres de formation de renom comme on en a dans les grandes métropoles d’Angleterre et des Amériques (Oxford,). Le moteur de tout cela sera certainement le niveau de financement des offres de formation, celui de leur exécution et des facilitations offertes aux apprenants ainsi qu’aux enseignants. Il y naîtra des universités pour élites. Mon propos touche, par exemple, le cas de l’Afrique du Sud sous le régime inique de l’Apartheid. Il y avait des universités pour les Blancs et d’autres pour les Noirs. Bien qu’on y ait prévu les mêmes offres de formation, les contenus n’étaient pas les mêmes. Depuis l’abolition de ce régime, tous les étudiants, sans distinction de race, ont droit à des prêts scolaires pour financer eux-mêmes leur formation, à charge pour eux de rembourser dès le premier emploi. C’était cette facilitation qui était faite exclusivement aux Blancs sous l’ancien régime ;

o     La comptabilité prendra le pas sur le contenu du grade devenu aléatoire. Le critère d’évaluation n’est plus le nombre d’heures de cours, mais la masse horaire du travail personnel demandé à  l’étudiant ;

o     L’entrée en 2ème cycle master se fera sur étude de dossier et sur le mérite. La sélection sera donc rigoureuse. Il se posera le problème de la discipline dans les structures privées d’enseignement supérieur qui délivrent à brassées des diplômes, pour peu que vous payiez votre formation. Il y aura lieu de mettre un bon ordre dans ce sous-secteur par une réglementation plus pointilleuse sinon nous aurons très rapidement un sous-secteur d’enseignement supérieur à double vitesse, comme c’est le cas du reste aujourd’hui ;

o     Des formations prestigieuses et des pôles d’excellence naîtront à coup sûr, desquelles seront exclus les médiocres et surtout les plus pauvres, car l’apprenant devra, qu’il le veuille ou non, participer financièrement à sa formation. Il appartient à vous, étudiants, de réfléchir avec les décideurs à tous les niveaux au financement du LMD, en restant, bien entendu, réalistes ;

o     Plus tard, les entreprises pourront financer des formations prestigieuses aussi; elles seules indiqueront les personnes qui y accèderont. Le LMD peut ségréger et ce n’est pas un mal, car les pays de l’Afrique Subsaharienne ont besoin de l’éclosion des génies pour se hisser au rang des grandes nations développées ;

o     En réalité, chers amis, la vraie question est comment mettre en place cette réforme pour que, d’une part, tout le monde en profite réellement et que, d’autre part, il n’y ait pas de laissés-pour-compte, formant plus tard la racaille propre à tout faire et qui constituerait, de surcroît, comme une ceinture d’ordure autour d’une élite crémeuse et argentée ?

 

III- L’apprenant, l’enseignant et les etats  en un face à face responsable avec le LMD

Comme se système vient aux grands galops, que vous reste-t-il à faire par l’étudiant pour y être à l’aise ? Le défier. En considérant le défi comme la provocation de quelqu’un pour une confrontation d’où l’on pense sortir victorieux, le défi majeur ici pour tout apprenant est de Réussir dans ce nouveau système et ne pas en être un déchet ou une victime. Alors que lui faut-il faire ?

  • Réussir suppose que l’on mette tous les atouts de son côté pour y parvenir. Il s’agit, notamment, de :

 

  • Adopter de nouveaux comportements qui donnent le pas à la conscience sur la négligence, le laisser-aller ;
  • Cultiver l’amour du travail, mais du travail bien fait. Cela oblige à combattre l’indolence, l’oisiveté, l’opportunisme ambiant qui flaire les sources de facilité afin de travailler moins;
  •  Embrasser une morale sociale qui mette le respect globalement au cœur des préoccupations. Respect de la personne, respect de l’autre, respect du bien public, des installations, des équipements mis à la disposition ;
  •  Etre curieux de tout. La curiosité est mère de la science en tant que connaissance et savoir. Elle s’accompagne de l’humilité, la vertu cardinale de l’apprenant. Celui qui dit « je sais, je sais » ne sait rien en fait, car hormis tout ce qui est inné et fait partie de la structure mentale de l’homme, tout s’apprend. Aussi, le second défi majeur est :
  • Apprendre, mais apprendre autrement. L’apprentissage en LMD est si important  que le REESAO y a consacré un séminaire. Comme la tension vers le succès, l’apprentissage en LMD exige de l’apprenant :
  •  Une information sur tout ce qui concerne son cursus. Ces informations devront être fournies par le livret d’information, le guide méthodologique du travail universitaire, le site web de l’université. Bref, tous les éléments d’une politique universitaire interne et externe de communication. S’informer ou périr en LMD ;
  •  La capacité de savoir entreprendre, de savoir apprendre, déjà par le choix responsable d’un projet de formation, par l’identification des moyens et actions pour le réussir. Ces facteurs n’exceptent ni la contrainte faite sur soi-même, ni la dépense en argent et en temps pour aller vers le savoir, vers les personnes qui en sont les détenteurs et dans les lieux où il se trouve : agents d’orientation, professeurs, tuteurs, bibliothèques, centres de documentation, polycopies, sites web, etc. Il est bon de savoir ce que l’on fait que de se le faire dire à longueur de temps;
  • La recherche des moyens financiers pour la réussite des études universitaires. S’il est vrai que l’Etat aide par des allocations diverses, il est aussi vrai que l’apprenant devra apporter un appoint substantiel d’une plus grande facilitation de son apprentissage. Il s’agira de recourir aux jobs de vacances, aux répétitions et autres activités génératrices de revenus. L’apprenant doit contribuer financièrement à sa formation. Il faudra finir avec la mentalité de l’étudiant qui mérite tout de l’Etat. Peut-être faudra-t-il négocier avec le pouvoir en place et les autorités universitaires pour la création d’un prêt bancaire pour les études.
  • Etudier autrement. L’apprenant dans le nouveau système sera d’abord une personne qui se prend en charge et à qui incombe en partie la gestion de son temps et de ses apprentissages. A cet égard, il doit :
  •    Apprendre à gérer son apprentissage ;
  • Entretenir une interaction entre les enseignants et lui ;
  • Savoir étudier seul ou en groupes ;
  •  Utiliser ou apprendre à utiliser la prise de notes, la synthèse, le résumé, les exposés, les cours magistraux, les notes de cours, les cours en ligne, la pratique, l’utilisation des différents types de mémoire, le feedback ;
  • Maîtriser l’utilisation de l’outil informatique.

 

  • L’apaisement des campus. Il n’est pas juste que les difficultés entre les composantes de la communauté universitaire se résolvent par et dans la violence. En m’appuyant sur la sentence de Jean de La Fontaine qui dit : « plus peut douceur que violence », j’estime que tout désaccord peut se régler dans le dialogue. On doit toujours y recourir pour avoir une université apaisée et travaillant dans la quiétude. Peut-être faudra-t-il vulgariser à cet effet  la notion et le contenu de la franchise universitaire afin que les uns et les autres cessent de l’invoquer pour couvrir des désordres punissables par la loi ou pour brimer des acteurs universitaires dans l’exercice de leur droit. Mais les étudiants eux-mêmes devront certainement prendre des initiatives hardies pour le maintien de l’ordre. Cela passe peut-être par :
  • une énonciation claire des problèmes qui les assaillent ;
  • l’identification de leur protagoniste afin de mener des actions orientées vers les véritables cibles ;
  • la contribution responsable dans la recherche des solutions topiques aux problèmes, des solutions durables par la loi en interne et externes soit ponctuellement, soit surtout par la loi.

Ce qui vaut pour l’apprenant l’est pour l’enseignant à cette différence que ce dernier doit savoir enseigner, mais enseigner autrement. Cela implique qu’il se départisse de la vieille image du maître détenteur de tout le savoir et qui doit tout donner à mâcher par l’apprenant. Il est désormais le guide, celui qui accompagne l’apprenant dans sa formation. Pour cela, il doit avoir à cœur de rendre démocratique l’acquisition de la science qu’il communique par :

  •   la pratique permanente de la note de cours ;
  •  l’élaboration des plans de cours ;
  •   l’adossement de son enseignement à une méthodologie de pointe ;
  •    la pratique d’une évaluation de bon aloi ;
  •    l’acceptation d’être évalué lui-même et de l’évaluation de son enseignement, etc.

Comme on ne mange pas les omelettes sans casser des œufs, les défis qui incombent aux Etats sont de trois ordres :

  •    Donner les moyens suffisants pour la refondation des universités. Cela passe par la dotation des universités en des infrastructures suffisantes et correctes, en équipements de pointe, le recrutement des enseignants, la formation des enseignants, la revalorisation de la fonction enseignante ;
  •    Élaborer le cadre juridique des universités en ayant en esprit qu’elles devront désormais fonctionner comme des entreprises dotées de conseils d’administration et de programmes d’évolution ;
  •    Améliorer les conditions sociales et économiques d’étude et d’apprentissage des apprenants. Il convient à ce niveau que des débats nationaux s’instaurent pour le recherche de solutions durables dans le temps. C’est-là que devrait intervenir la législation pour que chaque acteur de l’enseignement supérieur connaisse ses droits et ses devoirs.

                        Conclusion

En somme, qu’on le veuille ou non, le système LMD offre une possibilité de sortie du marasme, de la morosité et de la violence qui caractérisent actuellement les universités d’Afrique. Pour peu que les Etats veuillent donner la priorité à l’enseignement supérieur pendant quelques années sur d’autres secteurs de la vie nationale, ils récolteront d’ici quelques années les fruits de cette détermination à travers le décollage de leur économie.

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1 Comment
  1. seksiseuraa says

    Thank you for your insightful pointers and viewpoints, I can’t wait to try them out.

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