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Revue Sapientia N°3: Ethique et spiritualité de l’imaginaire en Afrique : construire les logiciels mentaux de la résilience

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Ethique et spiritualité de l’imaginaire en Afrique : construire les logiciels mentaux de la résilience

Par Kä Mana, Secrétaire Général de l’Association Œcuménique des Théologiens Africains (AOTA)

Directeur de recherche à l’Institut Interculturel dans la Région des Grands Lacs (Pole Institute, Goma, RDC)

Résumé

Se rendant compte de la crise spirituelle caractérisant les peuples africains à la suite de divers épisodes d’humiliation et de perte d’identité, Kä Mana propose que l’on opte pour une certaine résilience basée sur la construction de logiciels mentaux à même de relever le défi. C’est à ce prix, et seulement alors que l’Afrique aura des forces de foi, d’espérance et de la recherche du sens de l’existence dont bon nombre de citoyens ne semblent pas percevoir le bien fondé, eu égard au fait que le centre de gravité politique, économique et culturel de l’Afrique se nourrit d’images négatives et pessimistes que le reste du monde lui renvoie d’elle-même. Cette réflexion prospective veut donc ouvrir à la conscience créatrice de solutions énergiques à travers la théologie de la libération holistique par l’énergie de l’imaginaire et la re(découverte) des mythes de résurrection comme chemin du salut. La première ligne de force éthico-spirituelle de l’imaginaire africain, c’est la Maât, c.à.d., l’idéal et le modèle de la vie selon les normes du beau, du vrai et du juste. La deuxième, c’est l’Ubuntu, c.à.d. la fécondité du bonheur partagé. La troisième, c’est le bissoïsme, c.à.d. l’intégration du nous dans la dynamique « procesuelle » de la réalité comme devenir où s’unissent passé, présent et avenir dans le devenir global de la réalité. Ainsi l’Afrique pourra-t-elle vivre l’altermondialisation comme sens éthique et spirituelle de l’humanité.

Mots-clés : imaginaire, résilience, Afrique, spiritualité, éthique

 

Qu’est-ce l’imaginaire ?

L’une des plus grandes révolutions intellectuelles des temps contemporains est la découverte de l’imagination comme source de connaissance, de créativité et d’action pour transformer le monde et inventer un avenir d’épanouissement humain pour le bonheur communautaire. L’inspiration profonde de cette révolution est venue d’Afrique lorsque, dans le domaine de l’art, de la poésie et de la littérature, l’Occident a découvert, au début du siècle dernier, le génie des peuples africains qu’il avait indûment considérés comme primitifs et arriérés. Le dadaïsme, le surréalisme, le cubisme, le perspectivisme et la psychanalyse d’Europe se sont alors donné ce limon vital pour rompre avec le rationalisme desséchant qui voyait dans l’imagination « la folle du logis », selon l’expression populaire consacrée. Même les sciences physiques et les mathématiques ont été rendues sensibles à ce que leurs découvertes doivent à la fonction imaginante de l’esprit. On a alors pris conscience d’une zone de l’être humain où vibrent et étincellent les images, les mythes, les représentations et les idées riches en possibilités d’utopies créatrices pour l’avènement d’un autre monde possible. C’est aussi une zone où dorment les forces de démobilisation et d’émasculation des énergies de vie, qui peuvent casser le mental d’une personne, d’une communauté ou de toute une société au point de les mettre en « agonie psychique »[1], les rendre infécondes et léthargiques dans la profondeur de leur existence. Cette zone, c’est l’imaginaire. Elle est au centre de l’intérêt de chercheurs qui veulent savoir comment revigorer les forces créatrices des communautés humaines et réveiller les flammes de leur volonté de vie face aux situations d’effondrement, de désagrégation et de risque d’implosion de l’être.

Un trajet anthropologique

Dans l’anthropologie comme discipline scientifique, l’étude de l’imaginaire a conduit à une découverte capitale : au lieu de se réduire à une zone de l’être d’un individu ou d’une communauté, l’imaginaire a été dévoilé comme une dynamique, un « trajet anthropologique », selon le mot de Gilbert Durand[2], c’est-à-dire le devenir humain de l’homme. D’après ce sens, le mot désigne la dynamique d’être où s’articulent avec fécondité les puissances profondes de la vie, les forces vivantes de l’inconscient, le limon de la mémoire historique ainsi que les énergies de la créativité réflexive et spirituelle. Il s’agit non seulement de l’imaginaire, en tant « qu’océan, réservoir de toutes les représentations (…), sorte d’indicateur de toute hominisation, commencement de la noosphère », mais de tout le processus créateur qui en fait un trajet sensé, la puissance d’avènement de l’homme à l’humain, à une mesure toujours plus haute de lui-même qu’engagent sa soif du sens et son besoin de mutation radicale dans sa condition, comme le montre la recherche éthique de Gabriel Vahanian.[3]

Cela veut dire qu’il n’est pas un simple réceptacle de représentations, d’images, de mythes et d’idées qui déterminent l’être, mais un geyser de pulsions et une volcanique des désirs qui, de l’inconscient à la conscience, relient les divers strates de la personnalité individuelle et collective jusqu’à lui ouvrir le chemin de la découverte ou de la création d’un sens à la vie. L’imaginaire devient ici un champ où se croisent plusieurs orientations de la psychanalyse contemporaine et de la philosophie des utopies créatrices.

Concrètement, il unit trois perspectives ouvertes par le champ psychanalytique :

  • En premier lieu, il renvoie à ce que la psychanalyse de Freud permet de désigner par le terme d’inconscient libidinal[4]. On se doit de parler d’inconscient libidinal à cause de la centralité de la libido dans les débats sur l’œuvre de Freud. En réalité, ce qui  est important, c’est la force du désir dans la structure de la psychè, ou plus exactement l’énergétique des désirs profonds souvent cachés à la conscience et pourtant très actifs dans les profondeurs de l’être.
  • En deuxième lieu, l’imaginaire conduit à une autre dimension de l’inconscient : celle que l’on peut désigner par l’expression d’inconscient mythologique[5]. Cette expression renvoie à l’inconscient collectif dont parle Carl Gustav Jung. Il s’agit en fait d’une zone de l’âme où sont accumulés les archétypes, les images primordiales, les mythes féconds, les fictions énergiques et le côté nocturne des récits-force qui agissent sur la vie profonde d’une société et structurent sa vision du monde et sa perception de la réalité sans qu’interviennent les élaborations rationnelles et conceptuelles.
  • En dernier lieu, il y a dans l’imaginaire ce que l’on peut désigner par le terme d’inconscient spirituel[6]. Le terme est de Victor Frankl. Il évoque la zone où, au plus profond des êtres humains, agissent des forces de foi, d’espérance et de la recherche du sens de l’existence en références aux réalités ultimes, aux entités transcendantes qui peuvent mobiliser les populations pour les conduire à agir au-delà de leurs possibilités ordinaires dans la vie. Cette zone de l’inconscient est l’habitacle des énergies qui conduisent aux actes d’héroïsme, au dépassement de soi pour opérer des choses extraordinaires, accomplir des miracles et des prodiges, déplacer les montagnes des problèmes qui s’accumulent dans la vie et ouvrir la voie à des réalités inattendues et bouleversantes. C’est aussi la zone que l’on peut activer pour entraîner les individus et les peuples vers les crimes les plus abominables comme ceux que l’on a vus au temps du nazisme ou ceux que l’on voit aujourd’hui à travers le terrorisme et les massacres à grande échelle au nom de Dieu, au nom de la défense de la religion, au nom de certaines idées sacralisées et de l’attachement aux dogmes et aux vérités métaphysiques invérifiables. C’est une zone que l’on active par des prières, par des méditations, par des retraites spirituelles, par une certaine qualité de la musique ou par des techniques religieuses de lavage de cerveaux pour faire vibrer les émotions profondes et réveiller des pulsions et affects incontrôlables, en détruisant toutes les forces de rationalité et d’analyse logique des choses. C’est ici que l’on fait recours aux exercices de conditionnement psychique pour agir dans un sens ou dans un autre, pour une cause ou pour une autre, quel que soit son contenu.

La crise de l’imaginaire africain

En unissant ces trois perspectives de la psychanalyse contemporaine, l’imaginaire s’affirme, en fait, comme une dynamique fondamentale de la transformation de l’homme et du monde, positivement ou négativement. En agissant sur lui et sur ses forces, on peut changer l’homme  et le monde, dans le bon sens comme dans un sens désastreux et destructeur.

C’est à ce titre que l’imaginaire intéresse la théologie et la religion, surtout en Afrique où l’inconscient libidinal, l’inconscient mythologique et l’inconscient spirituel sont complètement malades. La crise africaine, c’est justement la désorientation qui affecte ces inconscients dont l’ensemble constitue la strate la plus profonde d’un système d’imaginaire défectueux.

En Afrique, on peut présenter la situation du système pathologique de l’inconscient de la manière suivante :

Dans l’inconscient libidinal, les désirs de vie ont été cassés dans leur ressort par la défaite du continent face à l’Occident, selon une logique de fragilisation et de mise à mort de grands pouvoirs de créativité dans toute une civilisation aujourd’hui tourmentée et tiraillée dans son être par des forces contradictoires : celles de la perte de soi et celle de la recherche d’une nouvelle voie d’existence. L’esclavage, la colonisation, le néocolonialisme et l’ultralibéralisme actuel sont des stations de cette défaite que l’on peut considérer à juste titre comme une agonie psychique pour les Africains. On peut même dire que le complexe de la défaite continue à soutenir des mimétismes politiques, économiques et culturels que l’on observe partout dans les pays africains. Il transforme les hommes en esclaves volontaires, en caniches heureux de l’être, en mendiants contents de leur mode de vie et en aliénés sans souci de se libérer véritablement.

L’inconscient mythologique africain est atteint par les pathologies du même type : il ne donne pas l’impression de vouloir créer de grands mythes pour changer l’Afrique aujourd’hui et pour les années à venir. Il se contente de mythes des autres, dans tous les domaines. Ses images-archétypes qui forgent des hommes-force n’ont plus aucune force, pour ainsi dire. L’Afrique se nourrit des images que le reste du monde lui renvoie d’elle-même et perd ainsi le centre de gravité politique, économique et culturel de sa propre vie. Il suffit de lire attentivement la littérature africaine pour voir à quel point la production d’images, la construction de mythes et la libération d’utopies créatrices face au futur souffrent d’une vision pessimiste, défaitiste et fataliste du destin de l’homme africain.

On comprend alors pourquoi l’inconscient spirituel des peuples africains ne se découvre pas un sens à sa vie de manière ferme et ne crée pas de fortes  raisons d’être et de vivre dans le monde face à l’avenir. Elle avale les religions des autres, elle rumine les idées religieuses et théologiques venues d’ailleurs, sans vraiment les changer en force de vie et en puissance de résilience[7] qui se donne un grand dessein pour changer le monde selon la perspectives des valeurs, des intérêts et des rêves vitaux endogènes.

Tout ce qui se présente ainsi comme univers pathologique a un nom : la crise de l’imaginaire africain. Elle est au cœur de la vie africaine et elle est le défi capital que le mot imaginaire constitue pour la théologie.

La théologie africaine face à la gestion de la crise de l’imaginaire

Pour affronter une crise de cette profondeur dans l’imaginaire, il est important de quitter les zones de l’inconscient et d’ouvrir ces zones à la conscience créatrice de solutions énergiques. Le fait même de prendre conscience de la crise d’un système d’imaginaire est une voie de forte résilience.

Dans l’Afrique d’aujourd’hui, deux grandes voies théologiques de résilience ont été tracées comme sillon pour changer la société par la guérison de l’imaginaire : la ligne de la théologie de la libération holistique[8] par l’énergie de l’imaginaire[9] et la ligne de la re(découverte) des mythes comme chemin du salut[10].

Selon la première voie, l’être de l’Afrique a besoin de libération grâce à la parole de Dieu dans sa capacité d’impact sur les imaginaires sociaux. Il faut entendre ici l’expression d’imaginaires sociaux au sens  sociologique que lui donne Bronislaw Baczko. C’est-à-dire : des« représentations collectives, idées-images de la société globale et de tout ce qui se rapporte à elle »[11]. Toute la Bible devra être lue en Afrique comme force de transformation globale de ces représentations collectives dans la mesure où elles sont de représentations de crise par un continent dont l’être, depuis plus de quatre siècles, est configuré par la crise. Quand Dieu parle à l’homme africain aujourd’hui, c’est pour le libérer de cette crise dont la traite des esclaves, la colonisation et la néo-colonisation ont laissé des traces indélébiles dans des traumatismes visibles autant dans l’inconscient libidinal, dans l’inconscient mythologique que dans l’inconscient spirituel. Ces traumatismes sont à l’œuvre dans la situation actuelle des Africains dans l’ordre mondial, à travers le goulot d’étranglement du néolibéralisme comme nouvelle raison globale du monde. Face à cette nouvelle raison globale qui configure les imaginaires sociaux africains comme des maladies de déshumanisation, de zombification, d’imbécillisation collective et de néantisation de l’homme et de la société africaine, Dieu n’a un sens en Afrique qu’en tant que le Dieu de la novation absolue de la réalité : « Voici, je fais toutes choses nouvelles ! » (Apocalypse 21, 5). La guérison holistique des imaginaires sociaux en Afrique, c’est l’injonction faite par Dieu aux Africains de faire toutes choses nouvelles. En tant que théologie des imaginaires sociaux, toute la théologie africaine devient une théologie de l’altermondialisation au sens global du terme.

D’où la deuxième ligne de lecture des textes bibliques comme des mythes de résurrection et de renaissance pour l’Afrique. On doit entendre par mythes des récits-force pour créer des hommes-force et des sociétés-force. Toute la Bible devient un réservoir de ces récits qui doivent féconder et vitaliser les imaginaires sociaux en Afrique dans la ligne de la transformation sociale et de la création d’une nouvelle société.

Tout le monde connaît le mythe de l’élection divine qui a fait du peuple hébreu un peuple élu, avec ce que cela a constitué comme énergétique de construction des imaginaires sociaux d’un peuple dont la foi en Dieu est le moteur d’un destin exceptionnel. Ce récit a un sens particulier pour les imaginaires sociaux africains : l’Afrique est le nouveau peuple de l’élection et il doit se considérer comme tel après les derniers siècles de souffrances et de malheurs d’où il doit sortir comme d’une ère des ténèbres. L’interprétation africaine de la Bible devra désormais s’inscrire dans cette dynamique du sens.

La Bible offre aussi un fabuleux mythe de la libération des Hébreux en Egypte. C’est le récit-force de la construction de l’imaginaire social de la liberté comme structure anthropologique de tout un peuple, avec la traversée du désert vers une terre promise où le lait et le miel n’ont pas coulé comme une manne du ciel, mais ont été tirés du sol par le labeur des hommes et le génie de leur inventivité. On doit voir dans ce mythe le récit de ce que l’imaginaire social africain doit devenir.

Un autre récit-force qui doit être mis en lumière ici, c’est la transformation de l’imaginaire social de la défaite en imaginaire social de la victoire chez les hébreux pendant la période de l’exil  quand, « au bord du fleuve de Babylone », le peuple élu  de Dieu pleurait de désespoir face à tous les horizons bouchés. Les scribes et les hautes autorités religieuses relurent alors toute l’histoire de leur communauté sous le signe de la force de Dieu : ils construisirent de récits-force pour faire de leur destinée une destinée entre les mains de Dieu et forgèrent une vision éthique et spirituelle de leur rôle dans le devenir de l’humanité.  Ce furent des récits de résurrection et de renaissance dans un imaginaire social de foi et d’indomptable espérance. Aujourd’hui, l’Afrique a besoin du même type d’imaginaire créateur pour inscrire la Bible dans le destin des peuples africains afin qu’ils transforment leur destin de défaite au cours des derniers siècles de leur histoire en destinée d’un peuple bâtisseur d’avenir : bâtisseur d’émergence, bâtisseur de développement.

On ne peut pas ne pas songer ici aux récits-force qui sont les livres d’Esdras et de Néhémie. Ces récits-force refondèrent l’espoir de tout un peuple dans une volonté de reconstruction dont le Dieu de leurs Pères fut le socle. « Levons-nous et bâtissons » (Néhémie 2, 18) fut un mot d’ordre énergique qui changea la vision qu’avait le peuple de lui-même. Ce mot d’ordre instaura une véritable révolution de l’imaginaire social et ouvrit des horizons de grandeur et de détermination dont la Bible rend compte. Ne pas lire ces récits comme des récits-force pour l’Afrique d’aujourd’hui, ce serait ne rien comprendre à la théologie africaine de l’imaginaire.

Enfin, il y a le récit-force de la résurrection du Christ, c’est-à-dire de son entrée dans une nouvelle vie de pivot éthique et spirituel de l’histoire de l’humanité. C’est un récit-force qui s’adresse de manière particulièrement vitalisante à l’Afrique de notre temps : un continent appelé à être le peuple de la résurrection et de la renaissance.

L’imaginaire comme dynamique d’invention et de créativité : idéologie et utopie

Tel qu’il est utilisé en théologie africaine, l’imaginaire a un sens philosophique de dynamique intérieure d’invention et de créativité pour les récits-force qui soient différents des récits reçus de la tradition africaine ou des traditions étrangères. Plus exactement : il désigne la capacité de se réapproprier les mythes du passé et de l’étranger pour exercer une double fonction par rapport au présent et à l’avenir : la fonction idéologique et la fonction utopique, pour reprendre les catégories sémantiques utilisées par Paul Ricœur.

Dans son livre, Du texte à l’action, essais d’herméneutique II, Paul Ricœur « met en ordre les significations et les fonctions distinctes reconnues » à l’idéologie et à l’utopie, écrit George Ngal[12]. Habituellement, l’idéologie est vue comme une force de dissimulation, de masque, de falsification et de torsion de la réalité au profit d’une vision voulue par les classes sociales dominantes. Ricœur insiste sur le fait qu’à côté de ces fonctions négatives, l’idéologie a une fonction fondamentalement positive : elle est dotée d’une fonction d’intégration pour une société dont elle légitime le vivre-ensemble et pour laquelle elle offre les exigences de loyauté et d’intégrité de la part de ses membres. Si l’idéologie est parfois mensongère, légitime ou intègre, elle donne au groupe de pouvoir croire à sa propre identité. Elle renforce, redouble, préserve et, en ce sens, conserve le groupe social tel qu’il est, affirme Ricœur. Les récits qu’elle produit unissent les membres d’une communauté autour de mêmes valeurs, de mêmes passions, de mêmes normes et convictions. C’est ce sens positif qui intéresse la fonction imaginante comme énergie de production de mythes sociaux, ces récits-force dont les communautés humaines ont besoin pour fertiliser leur être-ensemble.

Intervient alors l’utopie. Sa fonction vient projeter l’imagination hors du réel dans un ailleurs qui est aussi nulle part. Souvent, on la voit comme une projection  dans un avenir lointain, dans une sorte de nébuleuse vaporeuse sans rapport avec le présent ni ancrages les potentialités du présent. Ce n’est pas la vision qu’en a Ricœur. Il met plutôt en lumière la nécessaire complémentarité de la fonction de l’utopie par rapport à l’idéologie positivement comprise : « si l’idéologie préserve et conserve la réalité, l’utopie la met essentiellement en question. L’utopie, en ce sens, est l’expression de toutes les potentialités d’un groupe qui se trouvent refoulées par l’ordre existant. L’utopie est un exercice de l’imagination pour penser un « autrement qu’être » du social. » En ce sens, nous avons toujours besoin de l’utopie, dans sa fonction fondamentale de contestation et de projection dans un ailleurs, pour opérer une critique radicale des idéologies, conclut Ngal.

Selon cette perspective, l’utopie devient une puissance de dynamisation et de fertilisation des énergies créatrices ici et maintenant. Elle réinvente le présent en lui montrant ce qu’il pourrait être, une fois qu’on le débarrasse des pathologies qui plombent sa force d’inventivité. Ernst Bloch a beaucoup insisté sur cette dimension de l’utopie comme utopie concrète. Il la coupe ainsi de la perception péjorative que l’on s’en fait habituellement pour valoriser ce qu’elle a de spécifiquement positif : l’imagination du possible comme réellement possible dans les potentialités du présent[13].

En théologie africaine, l’imaginaire unit les deux fonctions idéologique et utopique qui le caractérisent. Il fait inventer des récits-force et des mythes qui unissent l’Afrique en elle-même et la tournent vers l’avenir. C’est le rôle des idéologies politiques comme le panafricanisme dont les forces religieuses comme les Eglises doivent devenir le ferment. C’est aussi le rôle de l’afro-centrisme que la prédication des communautés de foi est appelée à promouvoir dans sa lecture et son interprétation de la Bible. Selon ces dynamiques idéologiques, la présence de Dieu dans la société africaine devient une force d’unification du continent et de la proclamation de la centralité de l’Afrique dans l’économie du salut. L’imaginaire idéologique invente alors le présent africain comme la réplique de l’Egypte pharaonique en tant que mythe fondateur, un mythe aussi capital que celui de l’élection divine pour le peuple hébreu dont les descendants vivent non pas comme du passé, mais comme du présent réellement libérateur. D’où l’efflorescence des spiritualités de la naissance de l’Afrique à une pharaonité dynamique aujourd’hui, à travers une production théologique très riche  d’énergie et de sens.[14]

Il y a plus : la création d’un imaginaire pharaonique est fondamentalement tournée vers l’avenir. C’est une utopie que la nouvelle spiritualité africaine veut transformer en utopie concrète, pour une rupture radicale avec les religiosités d’esclavage et d’aliénation dont l’Afrique n’a pas besoin.

Avec les idéologies du panafricanisme et de l’afro-centrisme comme avec les utopies de l’Afrique pharaonique nouvelle dans une perspective d’avenir du continent, on se trouve devant un nouvel imaginaire social que la foi chrétienne fertilise. Cette fertilisation donne à la foi la dimension d’un boostage de l’imaginaire dont le vrai sens est de mettre dans le mental des Africains une nouvelle conviction forte. Cette conviction est celle-ci : de même que Dieu a fait de l’Afrique le berceau de l’humanité et le berceau de la civilisation, il en fait aujourd’hui l’avenir de l’humanité et l’avenir de la civilisation. Le Christ est au cœur de cette force-là, selon la théologie africaine de l’imaginaire.

Ethique et spiritualité de l’imaginaire

Ce qu’ambitionne cette théologie africaine de l’imaginaire, c’est au fond une certaine éthique de l’humain et une certaine spiritualité humaine. Parler de l’imaginaire dans ce sens éthique et spirituel, c’est invoquer trois grandes forces qui font de l’être humain un être humain et de la société une véritable société humaine.

La première ligne de force éthico-spirituelle de l’imaginaire africain, c’est l’enracinement de l’Afrique dans ce que les Egyptiens anciens désignaient par le terme de Maât : l’idéal et le modèle de la vie selon les normes du beau, du vrai et du juste. Le beau est à voir non pas du point de vue moderne de l’esthétique, mais du point de vue de la totalité écologique de l’existence. Le vrai renvoie à une perfection anthropologique de la vie selon les valeurs, tandis que le juste est l’idéal social de la fécondité relationnelle qui crée l’amour.

La deuxième ligne de force «éthico-spirituelle est celle que les Africains désignent sous le terme de l’Ubuntu : « Je suis parce que nous sommes ». Il s’agit de la force de vie qui unit l’individu et la communauté dans une sorte de circumincession énergétique où la société se construit comme espace de vie de santé et de prospérité : la fécondité du bonheur partagé.

La troisième ligne de force « éthico-spirituelle, c’est celle que le philosophe Tshiamalenga Ntumba désigne par le terme de bissoïsme (du terme de la langue lingala : biso). C’est une philosophie, une idéologie, une utopie qui ne se réduit pas à l’être-ensemble tout court, mais à l’intégration du nous dans la dynamique « processuelle » de la réalité comme devenir où s’unissent passé, présent et avenir dans le devenir global de la réalité. Le bissoïsme élève l’ubuntu à la réalité de la responsabilité cosmique et de la responsabilité historico-anthropologique  globale.

Dans toutes ces lignes de force, la réalité est fécondée par l’énergie divine qui fait que l’homme, la société et la nature relèvent du divin. L’imaginaire devient ainsi une dynamique d’élévation de l’être au diapason du divin en toute chose. Il engendre l’humain au divin et incarne le divin dans l’humain : c’est un concept carrefour, pour ainsi dire.

Un continuum religieux de la conscience historique africaine

Du point de vue spécifiquement théologique, l’imaginaire doit être perçu sous l’angle d’une réalité où se construit la conscience religieuse africaine qui prend en charge tout ce qui a fait du continent africain une réalité où Dieu se manifeste dans toute sa splendeur, selon des guises innombrables que l’esprit humain ne peut pas réduire à quelque chose de connaissance et de définissable selon les limites de la connaissance. Il s’agit d’une conscience que l’on doit définir comme un continuum pharaonico-judéo-christiano-islamo-animiste, pour reprendre les caractérisations qu’en fait Georges Ngal.

Affirmer que la conscience développée par l’imaginaire africain est une conscience des origines pharaoniques de l’être africain comme force spirituelle, c’est plonger dans une fonction imaginante qu’Elie Wiesel a mise en lumière et qu’il définit comme l’imagination en amont[15]. Il distingue celle-ci de l’imagination en aval comme productions d’utopies vers l’avenir à partir de l’aujourd’hui. Selon lui, Dieu nous a déjà imaginés comme êtres humains dès la création. Les prophètes d’Israël nous ont déjà imaginés dans leurs rêves et dans leurs quêtes.  Les grands maîtres spirituels nous ont déjà imaginés dans leur vision du monde. On peut dire sans conteste que pour les Africains, l’Afrique des Pharaons nous a déjà imaginés comme peuples : l’image qu’elle a rêvée de nous est une image de grandeur, de liberté, de dignité et d’humanité rayonnante.  Il n’y a pas de théologie africaine de l’imaginaire sans cette référence à l’Egypte pharaonique comme lieu de l’imagination en amont qui a forgé l’être de l’Afrique.

Affirmer que la conscience développée par l’imaginaire africain est une conscience judéo-chrétienne, c’est prendre en charge l’enracinement du judaïsme et du christianisme dans l’imagination pharaonique du monde comme leur amont dans un continuum dont les valeurs, les normes et les visions du monde donnent figure à l’Afrique d’aujourd’hui. Toutes les ruptures et toutes les continuités entre les origines pharaoniques de l’Afrique et les univers imaginaires du judaïsme et du christianisme ont été reprises dans une réappropriation africaine qui en fait le limon de l’imagination en aval pour l’Afrique d’aujourd’hui. Toute la théologie africaine de l’imaginaire s’enracine ainsi dans le limon du judéo-christianisme dont les grandes figures sont des fondations pour l’Afrique actuelle et pour sa destinée demain.

Il convient de situer l’islam dans la même lignée de sens comme matrice de l’imagination en amont pour le continent africain, comme limon d’héritage de l’imaginaire jailli des sources pharaoniques et reconfiguré pour créer de nouvelles lumières de vie pour l’avenir. Ce limon, cet héritage, la théologie africaine de l’imaginaire les revendique sans complexe.

Pour le dire autrement, les pharaons ont imaginé l’Afrique d’aujourd’hui dans leurs rêves. Moïse et ses descendants l’ont imaginée dans leur passion du futur. Jésus-Christ l’a imaginée dans son projet de monde nouveau. Muhammad l’a imaginée dans ses ferveurs de foi et d’universalité de son message.

Il faut inventer aujourd’hui cette imagination en amont dans une opération de « réduction » de type phénoménologique pour découvrir l’esprit de profondeur des traditions spirituelles, leur substance vitale, leur ferment matriciel dont les souffles font de l’Afrique ce qu’elle doit être : le continent des rencontres entre les horizons spirituels de monde, un continent capable d’enfanter un monde nouveau par une imagination créatrice qui se tourne vers l’avenir justement parce qu’elle se nourrit en même temps de l’imagination en amont qui l’a enfantée. L’ouverture de nouveaux horizons par l’imagination en aval et la réappropriation des horizons matriciels du passé comme passé qui ne passe pas et qui est toujours une part agissante du présent constituent l’énergie de la dialectique de l’imaginaire de la théologie africaine.

Cette dialectique a un souffle : la conscience animiste qui fait de l’Afrique ce qu’elle est, c’est-à-dire  l’Afrique de la vie. La conscience animiste n’est pas à comprendre comme une notion théologique vaporeuse, stérile et indéfinissable dans le monde d’aujourd’hui. Elle signifie vitalisation des limons de vie du passé par le souffle permanent de Dieu qui anime toute l’histoire africaine et l’ouvre sur l’avenir du monde dans la splendeur de ses cultures et de ses civilisations. Elle désigne le lien spirituel entre passé, présent et avenir.

C’est en elle que l’avenir devient une responsabilité sur les épaules du présent : les générations futures y imaginent déjà ce que doivent être les générations actuelles si elles ont conscience qu’elles constituent l’imagination en amont pour l’avenir. Les pères y imaginent le monde qu’ils voudraient pour leurs enfants et le prennent en charge dans une dynamique imaginante dont Hans Jonas a donné une idée dans son livre-phare : Le principe responsabilité[16]. L’avenir qui est imagination en aval se lie ainsi au présent dans une question forte qui doit être au cœur de l’éthique et de la spiritualité de toute personne de foi : « Qu’est-ce que je fais aujourd’hui pour les générations futures dans mon comportement au sein de ma famille, à l’école, à l’église, dans mon pays, dans mon continent, dans ma culture et dans ma civilisation ? Quel choix de vie ai-je fait pour que les enfants d’aujourd’hui soient dignes du monde de demain ? » Les penseurs Jacques Attali et Edgar Morin ne cessent de poser ces questions au cœur du monde actuel. Ce sont des questions profondes pour l’Afrique dans son imaginaire social.

Cela veut dire que le continuum vital de la conscience africaine pharaonico-judéo-christiano-islamo-animiste est le fond vital de l’imaginaire africain. Il en est la trame spirituelle qui fait de tout Africain l’homme de toutes les forces de vie dont il doit nourrir l’humanité. C’est l’impératif absolu de la théologie africaine de l’imaginaire.

Les nœuds de responsabilité pour changer le monde

De même que l’imaginaire crée un continuum de fécondité de conscience historique, il crée également des liens de responsabilité de conscience géographique entre l’Afrique et toutes les civilisations aujourd’hui. Cette conscience est celle de changer l’humanité actuelle dans ce qu’elle a construit comme monde. Il faut changer ce monde en un autre monde possible et l’Afrique a une lourde responsabilité dans l’institution imaginaire de la société qui doit venir, pour reprendre un mot de Cornelius Castoriadis[17]. Ses douleurs, ses malheurs et ses souffrances concrètes aux échelles politique, économique, culturelle et géostratégique la destinent à contribuer fermement à imaginer, à construire et à incarner une autre politique, une autre économie, une autre culture et une autre géostratégie. C’est là sa mission altermondialisatrice dont les orientations de fond exigent de rompre avec les rationalités du monde actuel fondées sur la violence, sur les dominations, sur les aliénations et sur les affres de la déshumanisation de l’homme et des sociétés.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement à l’échelle théologique ? Cela signifie que :

  • les Eglises africaines et toutes les forces spirituelles du continent ont à faire des enjeux sociaux de véritables enjeux de foi pour l’Afrique et pour le monde, selon le mot du théologien béninois Eugène Koussinkindey[18] ;
  • la foi de l’Eglise d’Afrique dans son ensemble se mesurera à l’aune de ce qu’être chrétien fait faire concrètement aux chrétiens comme acteurs de la transformation sociale, pour reprendre les perspectives théologiques ouvertes par Jean-Claude Djéréké[19].

Mettre ces questions au cœur de l’imagination créatrice des communautés de foi, c’est ancrer la théologie africaine de l’imaginaire dans ce qu’elle a comme richesses pour la nouvelle évangélisation du continent : les richesses d’une éducation pour former un nouveau mental chrétien dans la construction d’un autre monde possible.

Conclusion

En théologie africaine, le concept d’imaginaire a un contenu qui renvoie aux harmoniques et aux rythmiques de fond liées à l’anthropologie, à la psychanalyse, à la sociologie, à la philosophie et à la théologie. Toutes ces harmoniques et ces rythmiques conduisent à une éthique et à une spiritualité de la redécouverte des énergies profondes de l’homme africain dans l’histoire et de la projection optimiste de l’Afrique dans l’invention de l’avenir de l’humanité. Dans cette perspective, les enjeux réels de l’imaginaire sont de l’ordre de la transformation de l’Afrique et du monde : avec une autre politique, une autre économie et une autre culture pour aujourd’hui. Il faut libérer les énergies de la foi en Dieu et de la vie en Christ dans ce sens d’une Afrique nouvelle à construire et d’un monde nouveau à inventer. La théologie de l’imaginaire devient ainsi pour l’Afrique une théologie missionnaire : vivre l’altermondialisation comme sens éthique et spirituelle de l’humanité.

Bibliographie

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[1] Le mot est de Boris Cyrilnyk dans sa conférence présentée à l’Université de Nantes le 27 mars 2015 sous le titre : « La résilience dans les situations extrêmes ».  en ligne sur www.youtube.com

[2] [2] G. DURAND, Les Structures anthropologiques de l’imaginaire. Introduction à l’archétypologie générale, Paris, PUF, 1960. Lire également La foi du cordonnier, Paris, Denoël, 1984 ; L’Imagination symbolique, Paris, PUF, 1984.

[3] G. VAHANIAN, Dieu et l’utopie. L’Eglise et la technique, Paris, Cerf, 1977 ; Dieu anonyme ou la peur des mots, Paris, Desclée de Brouwer, 1989.

[4] Ce terme est une reprise de la théorie de l’inconscient chez Sigmund Freud. Voir ses livres : Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), Paris, Gallimard, 1989 ; Cinq leçons sur la psychanalyse (1910), Paris, Payot, 2004 ; « Au-delà du principe de plaisir » (1920), in Essais de psychanalyse, Paris, Payot, 2004.

[5] Le terme est une reprise de la notion d’inconscient collectif chez Carl Gustav Jung. Voir ses ouvrages : Psychanalyse et alchimie (1948), Paris, Buchet Chastel, 1996 ; L’âme et ses symboles (1964), Paris, Gallimard, 1988 ; L’Homme à la découverte de son âme (1963)  Paris, Albin Michel, 1987.

[6] Lire son maître-livre : Le dieu inconscient, Paris, Gallimard, 1975. Lire également : Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie, Montréal, Actualisation, 1988.

[7] Sur cette notion de résilience,  lire Boris Cyrulnik, Un merveilleux malheur, Paris, Odile Jacob, 1999 ; Parler d’amour au bord du gouffre, Paris, Odile Jacob, 2004 ; Autobiographie d’un épouvantail, Pais, Odile Jacob, 2008.

[8] Sur cette ligne, lire Benoît Awazi Mbambi Kungua, Dieu crucifié en Afrique, Esquisse d’une christologie  africaine de la libération holistique, Paris, L’Harmattan, 2008 ; De la postcolonie à la mondialisation néolibérale, radioscopie éthique de la crise négro-africaine, Paris, L’Harmattan, 2011. Lire également le monumental ouvrage collectif publié sous la direction du même auteur : Dieu et l’Afrique, Paris, L’Harmattan, 2016.

[9] Lire à ce sujet : Hélène Yinda, et Kä Mana, Pour la nouvelle théologie des femmes africaines, Bafoussam, CIPCRE, 2004.

[10] Lire : Kä Mana, La Mission de l’Eglise africaine, Pour une nouvelle éthique mondiale et une civilisation de l’espérance, Yaoundé-Bafoussam, CIPCRE, 2015 ;  Afrique, notre projet, Yaoundé, Terroirs, 2009 ; (Re)découvrir les mythes, Développer le pouvoir créateur des sociétés africaines, Goma, Pole Institute, 2015 ; Anastasie Masanga Maponda (Sous la direction), Le courage de croire, Boma, Presses universitaires de Boma, 2016.

[11] B.BACZKO, Les imaginaires sociaux. Mémoires et espaces collectifs, Paris, Payot, 1984.

[12] Georges Ngal, « Préface » in  Kä Mana, Philosophie africaine de la culture, Comprendre l’Afrique dans ses valeurs de civilisation, Goma, Pole Institute, 2016. Les citations de Paul Ricœur sont tirées de cette préface.

[13] Ernst Bloch,  Le Principe espérance, Paris, Gallimard, 3 volumes, 1976, 1981, 1991.

[14] Lire Tshiamalenga Ntumba, Le réel comme procès multiforme. Pour une philosophie du NOUS un, englobant, processuel et plural, Paris, Edilivre, 2016.

[15] Elie Wiesel, Discours d’Oslo, Paris, Grasset, 1987 ; Silences et mémoire d’homme, Paris, Seuil, 1989.

[16] Hans Jonas, Le principe responsabilité, Paris, Flammarion, 1990.

[17] Cornelius Castoriadis, L’institution imaginaire de la société, Paris, Seuil, 1975.

[18]  Le Jésuite béninois Eugène Koussinkindey a fait une brillante conférence sur le thème des enjeux sociaux de la foi au colloque sur la mission organisé par la Conférence épiscopale du Congo à Kinshasa en 2015.

[19] Lire : Jean-Claude Déréké, L’engagement politique du clergé catholique en Afrique noire, Paris, Karthala, 2003.

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1 Comment
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