UCS-GOMA

Revue Sapientia N°: Le système éducatif congolais du supérieur entre l’hédonisme et l’ascétisme ?

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Le système éducatif congolais du supérieur entre l’hédonisme et l’ascétisme ?[1]

Phidias Ahadi Senge Milemba, Professeur Associé, Université de Goma et Secrétaire Général Académique de l’ISC-Goma.

Résumé

Le système éducatif congolais du supérieur est, depuis un temps et de manière générale, pris en otage par l’esprit hédoniste et non ascétique de ses intervenants, suite à la rupture avec la qualité. Malgré quelques progrès enregistrés du système de Bologne au pays, la persistance de la culture hédoniste n’est guère de bon augure à la mise en œuvre des réformes initiées par le gouvernement en vue de l’ensemencement d’un système éducatif du développement et en connexion harmonieuse avec les exigences internationales. Cependant, des établissements congolais, même avec le minimum des conditions, ne ménagent aucun effort pour développer des capacités pédagogiques et de recherche, bien que  non arrimées au système de Bologne.

Mots clés : Système éducatif du supérieur, assurance-qualité, hédonisme, ascétisme, système de Bologne

Abstract

The congolese higher education system has been taken hostage for some years and in a general manner, by the hedonist rather than the ascetic spirit of its participants because they are in a break with quality. In spite of some improvements associated with bologna system in the country, persistence of the hedonist culture does not favour the implementation of the reforms initiated by the government for the introduction of a development-targeted higher education system that could respond to the international requirements. However, even in such conditions, some Congolese institutions do manage to develop pedagogical and research skills although they are not adjusted to bologna system.

Keywords: Higher education system, quality-assurance, hedonism, ascetics, Bologna system.

Introduction

Nous sommes en guerre. En guerre contre ceux des intervenants hédonistes qui revêtissent le système éducatif congolais du supérieur d’une peau de chagrin à travers le scandale du rejet de l’ascétisme dans l’enseignement supérieur et universitaire, et même dans la recherche scientifique. Il y a dans ce système éducatif, sur les problèmes managériaux, une intermittence de pensée et une somnolence de l’esprit qui rendent incapable notre société à se donner les moyens d’un futur débonnaire, et l’exposent par-dessus tout, à toutes les surprises jusqu’au jour où se produisent ces lumineux réveils de standardisation qui, quoique de l’ordre de souhait et de rêve aujourd’hui, pourraient tirer notre système éducatif de son enclavement.

Il est donc irréfragable que notre système éducatif du supérieur soit un territoire peu conquis  à l’ascétisme pour sauver l’Etat aux prises avec une crise généralisée de potiers de sa transformation. D’où, le débat toujours recommencé sur la gouvernance universitaire n’est pas notre invention[2].

La rétrospective de l’enseignement supérieur en République Démocratique du Congo comme ailleurs en Afrique permet d’épier trois temps forts de son ensemencement qui, selon l’UNESCO, marquent l’évolution de ce secteur tant en termes d’objectifs que d’orientation stratégique[3]. Aussi, distingue-t-elle l’ère des universités coloniales, instituées par les colonisateurs ; puis l’ère des universités de l’indépendance, visant à affirmer la souveraineté nationale à travers la nationalisation, voire l’autonomisation du champ académique ; et enfin, l’ère des universités du développement, censées concourir au développement des pays concernés, dont le contenu est défini par les dirigeants nationaux[4], n’a duré que très peu de temps.

Le système éducatif congolais du supérieur semble donc trahir cette dernière vertu totémique dont les universités ont été revêtues depuis l’ère des indépendances. L’enseignement supérieur et universitaire étant souvent, depuis quelques temps, ramené à quelques faits de facilités, de festivités, de banalités, de jouissance, de travail sans efforts soutenus,  de business, l’UNESCO estime que le mandat qu’il avait reçu au moment de sa création nécessite aujourd’hui une réévaluation face aux changements qui s’opèrent au niveau mondial[5]. En vue de son nouveau départ, la floraison des établissements d’enseignement supérieur et universitaire congolais doit répondre aux besoins de son environnement interne et externe doublé de la dynamique ascétique en vue d’augurer d’un bel avenir.

Sachant par ailleurs que le système éducatif du supérieur a besoin de l’essor et du désenclavement vis-à-vis de l’Afrique et du monde, que faut-il envisager pour changer cette réalité qui cautionne encore plus son lendemain déjà incertain ? I1 y aurait aussi tout particulièrement lieu de se demander si les réformes à l’enseignement supérieur et universitaire  que le ministère de tutelle envisage utilement pour son arrimage aux standards internationaux sont souhaitables à première vue par ses intervenants ? Ces lignes ne suggèrent pas de panacées à ces interrogations, plutôt un nouveau départ du système éducatif du supérieur dans un contexte de mondialisation constructive, car il est un facteur, aujourd’hui, incontournable de réussir ensemble, un levier important et une force motrice du développement de la société du savoir.

S’éloignant de l’esprit hédoniste qui s’est approprié le système éducatif congolais du supérieur pour le commuer en la culture ascétique où l’on adopterait à bon escient la poursuite du maximum de satisfaction avec un effort rigoriste ; à travers cette note, nous espérons démontrer que le système éducatif congolais du supérieur est, depuis un temps et de manière générale, pris en otage par l’esprit hédoniste de ses intervenants, parce que l’évitement d’un travail soutenu est à leur fond de train. Ce qui ouvre des pistes susceptibles de réhabiliter notre système éducatif  du supérieur autarcique et en rupture avec la qualité.

  1. Système éducatif congolais du supérieur otage de l’esprit hédoniste ?

Les gênes et les défis auxquels le système éducatif congolais du supérieur doit un assaut frontal sont aujourd’hui plus urgents que jamais naguère. La nébuleuse tare d’hédonisme se répand rapidement et remet en cause ce système éducatif, incluant non seulement les institutions publiques et privées d’enseignement, mais aussi celles de la recherche scientifique.

L’enseignement supérieur et universitaire est devenu de plus en plus sujet au marchandage, impliquant ses intervenants dans une lutte effrénée du lucre avec toute l’indécence qui l’enveloppe, au détriment de l’Assurance-Qualité, une soupape à un enseignement du développement. Pourtant, affirme Jean-Paul Segihobe Bigira :

L’Assurance-Qualité à l’enseignement supérieur et universitaire passe avant tout par la qualité de ceux-là qui doivent présider aux destinées des établissements d’enseignement et de recherche, c’est-à-dire nous. Lorsqu’on jette un regard critique et même auto-critique sur le profil scientifique et académique de beaucoup d’entre nous, il y a lieu de se rendre compte que certains naviguent à vue, d’autres sont simplement des mercenaires, des universitaires improvisés, auto-proclamés ayant retrouvé par hasard ou tardivement leur vocation d’enseignants ou de chercheurs, d’autres encore des aventuriers poursuivant plutôt un but mercantiliste ou populisme politique à travers des établissements publics comme privés[6].

Les universités ont une responsabilité particulière pour le présent et le futur de l’humanité. Elles sont appelées pour assurer que tous les accomplissements dans les sciences et la technologie serviront la cause de la paix et du progrès[7]. Elles peuvent aussi être porteuses des signaux forts du changement du système de gouvernance de la société en vue de son développement, lequel n’est jamais acquis définitivement. En ce sens, elles jouent un rôle indispensable dans l’évolution des rapports sociaux arrimés aux exigences du progrès endogènes et exogènes.

Un des principaux problèmes auquel est confronté le système éducatif congolais du supérieur réside dans la conjoncture socio-économique qui bat de plein fouet le pays. Cette conjoncture est visible, d’autant plus que la productivité économique nationale tournant au ralenti et doublée de faibles performances, ne crée pas de conditions convenables au développement du marché de l’emploi. C’est pourquoi, renchérit Gratien Mokonzi, en particulier, un système de transformation situé dans un environnement infecté par le chômage en souffre profondément. En effet, le taux de chômage et le taux d’occupation, qui comptent parmi les indicateurs de la santé économique d’un milieu, impactent significativement sur la scolarité[8]. Aussi, assiste-t-on au disséminement des établissements d’enseignement supérieur et universitaire à travers les coins et les recoins du pays dont les rênes sont aux mains des imposteurs et intrus.

Visualisons cette photographie à travers le tableau dressé ici-bas.

Tableau 1. Synthèse des résultats de l’audit organisationnel et enquête de viabilité (2009-2011)

Source : P. Kapagama Ikando, La réforme au LMD : nécessité d’un cadre normatif, Atelier organisé à l’attention de la Conférence des chefs d’établissements de l’enseignement supérieur et universitaire du Nord Kivu à Goma, le 12 août 2016, p.34.

Ce tableau-synthèse renseigne que le pays compte jusqu’à la date du 31 décembre 2011, 808 établissements d’enseignement supérieur et universitaire disséminés à travers le pays, dont certains, pour les atteindre, demandent de traverser rivières et collines, montagnes et forets. Il s’agit là de chiffres officiels qui accusent de limites bien connues des « chiffres noirs », c’est-à-dire des cas d’établissements qui échappent aux relevés statistiques du ministère de tutelle parce que fonctionnant sans son agrément ni son autorisation sous l’œil indifférent des services publics compétents.

De ce chiffre impressionnant, témoignage de la massification d’établissements d’enseignement supérieur et universitaire, 369 sont du secteur public dont 81 viables, 223 intermédiaires et 65 non viables. Tandis que 439 établissements sont du secteur privé, comprenant 91 établissements viables, 129 intermédiaires et 284 non viables. Au total, sur les 808 établissements récencés, le pays compte 172 établissements soit 21,29% viables ; 352 soit 43,56% intermédiaires et 284 soit 35,15 non viables. Ces chiffres ne sont pas loin de témoigner la paralysie du système éducatif congolais dont la fatalité n’est plus à démontrer. Ce tableau sombre du boom d’établissements d’enseignement supérieur et universitaire ne laisse pas tacite Jean-Paul Segihobe Bigira :

C’est un secret de polichinelle de dire que beaucoup de ces institutions sont des œuvres ou des propriétés de certains députés nationaux ou provinciaux, des sénateurs, des officiers de l’armée ou de la police, des commerçants, des pasteurs, et de certains Collègues qui multiplient des auditoires délocalisés ou  des extensions à travers montagnes et vallées de nos villages[9].

La conséquence immédiate de ce tableau inouï de l’histoire des établissements d’enseignement supérieur et universitaire congolais qui a atteint sa cote d’alerte est la perte de la qualité. Qu’elle soit mesurée en terme de performance des étudiants lors des examens, en références du personnel universitaire, en contacts des étudiants avec le savoir et l’information actuelle, en la mesure dont la formation répond aux demandes du marché du travail, ou en dépenses par étudiant[10], aux problèmes d’infrastructures modernes et adaptées, aux équipements et matériels didactiques répondant aux exigences des technologies de l’information et de la communication, ou encore à la visibilité dans les publications internationales sur internet.

C’est dans ces conditions que le Journals Consortium classe les universités congolaises plus loin des 100 premières d’Afrique en l’année 2015. L’Université de Kinshasa est classée 153ème tandis que l’Université de Lubumbashi occupe la 232ème place sur un échantillon de 1 447 Universités d’Afrique. En région Afrique Centrale, l’Université de Kinshasa, première en RDC, vient en deuxième position avec 15.65 points après l’Université de Ouagadougou au Burkina-Faso qui a raflé 19.18 points tandis que l’Université de Lubumbashi, deuxième au pays, occupe la septième place dans la région avec 7.74 points[11].

Comme on le voit, le pays a encore du chemin à parcourir afin d’atteindre tout au moins le top 10 d’Afrique et gagner le leadership en Afrique Centrale. Cette forte dégradation qu’a connu et ne cesse de connaître la RDC qui, lors de la première décennie après son indépendance en 1960, pouvait encore se comparer à certains pays comme le Canada ou la Corée du Sud, devenus tous deux de grandes puissances économiques[12], interpelle sur la refondation du système éducatif du supérieur qui doit dorénavant faire figure d’une architecture rivée sur la concurrence internationale. Cependant, puisant encore dans la sagesse de Jean-Paul Segihobe Bigira :

La présence saugrenue d’une multitude d’institutions d’enseignement supérieur et universitaire sape la réputation du secteur et, loin de favoriser l’émulation et la concurrence dans le savoir-faire qui se traduirait à travers l’innovation et la recherche de qualité, constitue un frein à l’émergence, encourageant par-là la médiocrité au travers d’une concurrence éhontée et déloyale, tant la recherche d’argent par le biais de l’implantation de beaucoup d’institutions cache un business qui ne dit pas son nom, pourtant, hélas, dangereux et mortel pour la nation[13].

Cette photographie du seuil critique des établissements d’enseignement supérieur et universitaire qui poussent touffus et incontrôlés, donne lieu à un parallélisme de sorte qu’à mesure que les établissements augmentent, l’indécence s’en suit et, à cet effet, le système de réussite par le mérite est mis en pièce. Pourtant, la méritocratie est un principe moral selon lequel l’accès aux positions les plus prestigieuses dans la société, aux honneurs et aux avantages qui en découlent, repose sur le mérite individuel[14]. D’où, il importe d’aseptiser le système éducatif du supérieur par des mesures rénovatrices et capacités créatrices pour l’arrimer aux changements locaux et mondiaux. Cette aseptisation devra inviter le gouvernement à assumer trois responsabilités vitales :

  • Repenser significativement le système éducatif du supérieur. Ce ne sont pas les potentialités ou les potiers de transformation qui manquent au pays, plutôt un esprit managérial et la conscience du développement qui méritent une nette reconsidération pour espérer servir les besoins locaux et nationaux en connexion avec ceux du reste du monde. Des réformes proactives truffées des règlementations significatives et amarrées dans une perspective mondialisée seront incontournables au pays pour bénéficier d’un crédit international apporté par les mécanismes de l’Assurance-Qualité ;
  • Etre à la fois acteur et bénéficiaire des innovations tant régionales qu’internationales des systèmes éducatifs du supérieur et s’imposer comme un partenaire entreprenant des pays qui prennent part non moutonnière aux transformations de la société mondiale ;
  • Offrir des allocations financières et conditions de travail convenables. Les dispositifs qui conduisent les établissements d’enseignement supérieur et universitaire vers l’Assurance-Qualité et un monde compétitif à l’échelle mondiale, incluent une motivation financière adéquate, en fonction du mérite, des besoins et du statut des acteurs, reliant les ressources aux performances institutionnelles ; des fonds compétitifs pour des investissements dans l’amélioration des conditions infrastructurelles, matérielles de travail et des programmes des bourses d’études aux étudiants.

Plus généralement, toute réforme du système éducatif du supérieur s’exprime en termes de lutte contre un système de gouvernance universitaire enclavé, clientéliste, fragile, etc. devenu un frein au développement d’une société de savoir mondialisé, parce qu’elle refuse obstinément de dire adieu à la pratique ignominieuse d’hédonisme pour entrer dans l’âge ascétique.

Dans ce contexte, plus que jamais, l’université doit jouer un rôle crucial dans l’éducation de nouvelles générations d’intellectuels, de professionnels – générations qui veulent et peuvent faire des efforts et construire – dans ce monde du savoir sans frontières – un monde de la compétition et du développement technologique sans précédent – une société harmonieuse qui offre une qualité de vie en permanente progression[15]. Parce que dans l’ancien temps de trois pools universitaires, à savoir, Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani, les établissements de l’enseignement supérieur et universitaire étaient des ressources qui poussaient drues et très serrées dans le pays de telle sorte que leurs produits finis étaient ressentis avec tous les contrecoups sur la transformation de notre milieu naturel de vie.

  1. Réformes gouvernementales et intervenants du système éducatif du supérieur

A titre de rappel, il importe de garder à l’esprit que l’offre du système éducatif congolais du supérieur procède du legs colonial. Les tentatives de réformes entreprises pour l’actualiser n’ont malheureusement pas permis, jusque-là, son arrimage aux standards internationaux. Cependant, le gouvernement de la république tente, depuis un temps, de repenser son secteur éducatif du supérieur de la ruine qui l’ensevelit sous les décombres de la médiocrité. Aussi, a-t-il mis sur pied la Coordination nationale du LMD créée par l’Arrêté ministériel n°083/MINESURS/CABMIN/BCL/NKA/2013 du 27 août 2013 avec entre autres  missions de sensibiliser et de former la communauté universitaire sur le processus de Bologne et des implications dans le système éducatif congolais du supérieur.

On peut aussi noter la promulgation le 11 février 2014 de la Loi-cadre n°14/004 de l’enseignement national qui remplace la Loi n°086-005 du 22 septembre 1986, qui institue l’introduction progressive à l’université du système Licence, Maitrise et Doctorat, LMD en sigle, dont la finalité est d’harmoniser les cursus dans l’enseignement supérieur et universitaire, et de favoriser la mobilité du personnel et de l’étudiant à l’échelle mondiale.

Tout compte fait, les établissements congolais de l’enseignement supérieur et universitaire comme ceux de la recherche scientifique, même avec le minimum de conditions, ne ménagent aucun effort pour développer des capacités pédagogiques et de recherche en leurs seins. Les témoignages les plus récents et encourageants sont le succès totalement congolais conquis lors de la troisième édition du concours régional de plaidoiries des Grands Lacs en Droit International Humanitaire et en Droits Humains. Ces épreuves ont été organisées à Kigali en République Rwandaise sous la coupole de l’Initiative pour la Paix et les Droits de l’Homme d’une part, et le Comité pour le Concours des Grands Lacs d’autre part, du 7 au 12 décembre 2015 entre les étudiants en sciences juridiques de 14 universités de la région des Grands Lacs, dont 8 universités de la RD Congo, 2 du Rwanda et 4 du Burundi. Les universités congolaises, à savoir, l’Université Protestante du Congo et l’Université de Goma ont raflé, respectivement, la première et la deuxième place dans la région.

Nous pouvons aussi fièrement noter le Prix Christophe Mérieux 2015 décerné au professeur Jean-Jacques Muyembe Tamfum[16] le 3 juin 2015 sous l’œil-de-perdrix de l’Institut de France à Paris et devant un parterre de savants du Monde, pour encourager ses travaux de recherche scientifique sur la maladie infectieuse (Ebola) dans le bassin du Congo. Tous ces faits et bien d’autres prouvent qu’au-delà de la difficile connexion du système éducatif congolais du supérieur aux standards internationaux, il génère, cependant, des innovations à la grandeur du pays, et qui sont profitables à toute l’humanité.

Par ailleurs, cette réforme entreprise à l’enseignement supérieur et universitaire n’est pas perçue comme porteuse de solution qui l’amènerait vers une identité débonnaire, plutôt comme un problème vis-à-vis de ses intervenants qui y font régner à volonté le business qui leur est amplement rentable. Le tableau synthèse des résultats de l’audit organisationnel et enquête de viabilité précité renseigne, d’abord que 172 établissements sur 808 soit 21,29%  sont viables. La ville-province de Kinshasa rafle le taux le plus élevé avec 46 établissements soit 26,74% et le taux le plus faible au Maniema avec 1 établissement soit 0,58%. Ensuite, 352 établissements soit 43,56 % sont  intermédiaires. Le taux le plus élevé est en province du Nord-Kivu avec 68 établissements soit 19,31% tandis que le taux le plus bas est en ville-province de Kinshasa avec 13 établissements soit 3,69%. Enfin, 284 établissements soit 35,15 % sont  non viables. Le Nord-Kivu occupe le taux le plus élevé avec 55 établissements soit 19,36% contre 4 établissements au Maniema soit 1,40%[17].

C’est pourquoi, maintes fois, le ministère de tutelle a pris courageusement des décisions de fermeture des établissements de l’enseignement supérieur et universitaire, ainsi que de leurs auditoires délocalisés, aussi tôt,  malheureusement, certains d’entre ces établissements sont restés fonctionnels de leur propre gré sous l’œil passif des pouvoirs publics.

Il s’agit là de problèmes auto-critiques pour les intervenants du secteur qui, à première vue, vont à contremarche de toutes les initiatives publiques de tendance salutaire pour le système éducatif congolais du supérieur. Ceux d’entr’eux dont le rôle est de saper la valeur de notre formation à travers la recherche véreuse du lucre au niveau de l’enseignement supérieur et universitaire, se trouvent dans une position d’opposer une fin de non-recevoir à la réforme en cours, et impriment à l’échelle nationale et internationale, à cet effet, une image éducationnelle discréditée et vouée à des fins égoïstes.

Ils se sont même hâtés, après la promulgation de la nouvelle Loi-cadre n°14/004 sur l’enseignement national, à instaurer le système LMD dans leurs établissements respectifs, sans, cependant, ressources enseignantes qualifiées, sans infrastructures en propre et adéquates, sans programmes et autorisation préalable du ministère de tutelle, sans moindre partenariat avec les universités nationales et étrangères déjà porteuses dignes de ce système.

Ce maquillage du système LMD, en vogue, est comme de la peinture appliquée sur une planche dont l’intérieur est systématiquement rongé par les parasites du bois, de sorte qu’au simple passage d’un râteau, avec son petit poids, la planche s’affaisse. Cet état sinistré du système éducatif congolais du supérieur ne laisse pas Pascal Kapagama Ikando tarir des mots:

Cessons de faire semblant de croire que nous avons encore des établissements d’enseignement supérieur et universitaire dignes de ce nom et de banaliser les conditions de formation empreintes de rigueur scientifique. Cessons de continuer de tromper la jeunesse par une formation supérieure au rabais, qui lui ferme les portes dans toute tentative de mobilité internationale[18].

Si l’autorité de tutelle ne prend guère de mesures salvatrices pour sauver l’enseignement supérieur et universitaire de la macédoine d’immoralité, de la cupidité suicidaire, de l’hédonisme, du clientélisme, du commercialisme académique, etc., ce gouffre dans lequel il est désormais plongé risquera d’impacter négativement sur l’économie du pays. Car la Loi-cadre n°14/004 sur l’enseignement national promulguée le 11 février 2014, précise dans sa section 9, que la maitrise et le contrôle de la Science et de la Technologie constituent les facteurs essentiels de la puissance économique de la République Démocratique du Congo.

  1. Perspective ascétique, un défi pour redorer le blason du système éducatif du supérieur

Originellement instituées par les colonisateurs, les universités représentent aujourd’hui la clé de voûte du développement local, national et international. Tout le monde reconnaît aujourd’hui l’intérêt des universités pour la qualité de la vie en société, le renforcement de l’image de marque des territoires, les retombées en revenus suscités par l’attraction des étudiants étrangers.

Dans la société du savoir qui est en train de se développer aujourd’hui, les universités détiennent une responsabilité importante. Elles doivent s’affirmer comme des organisations constructives, génératrices de savoir, et comme des formateurs de citoyens responsables et compétents[19]. Sitôt ce rôle fondamental disparu, la société est plongée dans les eaux mortifères, et provoque ainsi une paralysie fatale du système social.

La nature spécifique de l’université et le savoir, le savoir-faire, le savoir-faire faire, le savoir-être, le savoir-devenir qu’elle produit ont une influence sur la mise à jour des atouts du développement. Ces savoirs portent la marque de l’université où ils ont été produits car ils incorporent ses vertus. Le savoir-faire, particulièrement, ne se réduit cependant pas à la mise à jour de l’université, mais porte aussi sur la nécessité d’une bonne organisation des rapports entre elle et les besoins sociaux ressentis. Les approches en termes de projets, de partenariats, etc., montrent que le développement dépend de la capacité de l’université à rendre service à la collectivité à partir d’un système de valeurs et de normes partagées en commun, d’où le savoir-faire faire.

Cependant, aujourd’hui, les universités sont devenues, généralement, des «magasins de diplômes prêt-à-porter », de «couveuses de la médiocrité intellectuelle », et selon Lubala Kasi, des «boutiques de l’ignorance[20]», parce que caractérisées tantôt par l’esprit de concurrence, tantôt par l’aventurisme et la logique du lucre[21].

Dans cette représentation socio-économique, est-il que certaines d’entre elles se livrent à une véritable «chasse à l’argent», leurs missions sempiternelles étant d’ailleurs devenues inertes, toute leur vitalité est mutatis mutandis accordée au marchandage des titres académiques qui, si aucune mesure significative de la part des décideurs politiques n’est arrêtée, cette anarchie  provoquerait fatalement l’irréparable social.

Les enseignements qu’elles organisent, de plus en plus fallacieux, ont alors pour finalité prédatrice l’accumulation des richesses en échange des diplômes sans compétences. Lors des séances de soutenance des travaux de fin d’études et mémoires, l’assistance s’impose sur le jury en chantant à la réussite des récipiendaires de manière scandaleuse, « alongi naye… ! » pour les populations lingalophones, et « acha mtoto,  alisha pita ! » pour les populations swahilophones. Ces expressions veulent dire, approximativement, que le récipiendaire a déjà réussi quelle que soit sa prestation. Ce qui est contraire à l’esprit de l’instruction académique du ministère de tutelle n°017/MINESU/CABMIN/TMF/SMM/2015 du 30 septembre 2015, qui dispose, au point 1.22  que :

Il est rappelé que la défense des travaux de fin d’études (TFC et Mémoire) constitue une évaluation individuelle du récipiendaire. En tant que telle, elle doit se dérouler conformément aux Règlements des examens. Les Autorités Académiques doivent veiller à ce que, lors de la défense de ces travaux, les tierces personnes n’influencent pas le jury par les actes et comportements susceptibles de troubler la quiétude du récipiendaire et des membres du jury (sifflets applaudissements, cris, etc.).

Inopportunément, certaines institutions aux visées mercantilistes suicidaires, n’appliquent à volonté cette instruction du ministère de tutelle, pourtant salutaire pour notre système éducatif du supérieur sinistré. Le risque est que notre avenir ainsi que celui des générations en formation et futures sont victimes d’un système éducatif du supérieur qui meurt avec ses intervenants. Parce que, à en croire Jacques Cheminade, un conglomérat d’intérêts financiers des intervenants dans le secteur éducatif domine notre société. Sa loi est le profit à court terme, la possession, la cupidité et le saccage social[22].

Conclusion

Le thème de la gouvernance universitaire n’est pas une nouveauté dans la littérature consacrée au secteur de l’éducation et de la formation technique et professionnel. Il est une problématique toujours renouvelée parce que le débat sur les problèmes de développement, dont l’université en est un facteur incontournable, est dynamique et en perpétuel questionnement si tant les défis de la société ne sont guère relevés définitivement.

Cette réflexion, problématisant le système éducatif congolais du supérieur, a permis, non seulement d’identifier les problèmes qui le minent, mais aussi de relever des ébauches de solutions. Alors, plutôt que de reprendre les  propositions linéaires, habituellement formulées lors des forums nationaux ou internationaux, et sortir du nid de complicité du silence, nous avons estimé impérieux, dans cette note, de répondre au tragique de la situation, et ouvrir ainsi des pistes nouvelles à explorer pour découvrir l’horizon du possible qui s’offrira à notre système éducatif du supérieur :

  • Premièrement, sevrer le système éducatif du supérieur de la culture hédoniste pour l’alimenter en culture ascétique, gage de l’Assurance-Qualité. Cela serait possible en mettant hors d’état de nuire les intervenants du secteur éducatif du supérieur qui livrent les jeunes, aveuglés par l’hédonisme caractérisé, à une austérité déprédatrice qui est moralement et politiquement suicidaire ;
  • Deuxièmement, sortir le pays de l’état socio-économique sinistré, devenu un alibi pour certains intervenants du système éducatif du supérieur à entretenir la médiocrité. Ce secteur est devenu le lieu de refuge et de passe-temps pour plusieurs personnes en quête d’emploi pour la survie ;
  • Troisièmement, réhabiliter la dimension mondiale du système éducatif congolais du supérieur pour jouer un rôle catalyseur dans l’élan développeur de l’Afrique et du monde ;
  • Quatrièmement, enfin, décider des politiques éducatives globales car le lien harmonisé et arrimé aux standards internationaux entre les niveaux maternel, primaire, secondaire et supérieur reste le salut de l’éducation nationale.

Nous espérons qu’à travers la force de l’arrimage du système éducatif  congolais, en particulier celui du supérieur au système de Bologne, et l’ascétisme comme sa chasse gardée, positionneront le pays à faire un pas décisif vers l’échange des savoirs avec toutes les régions du monde, afin que l’adjectif ‘’universel’’ définissant l’université l’emporte toujours dans toutes les altitudes.

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[1] Ce texte est celui de la leçon inaugurale que nous avons eu l’honneur de présenter le vendredi 21 octobre 2016 à la cérémonie du lancement de l’année académique 2016-2017 à l’UCS-Goma. Dans cette note, nous opposons la culture hédoniste à celle ascétique. La première  ramène notre système éducatif du supérieur à quelques faits de facilités ou de satisfaction avec le moindre effort, de festivités, de banalités, de jouissance, de travail sans efforts soutenus, de business suicidaire. La culture ascétique quant à elle renvoie à un ensemble des pratiques rigoureuses et de perfectionnement fondés sur la lutte contre la réussite par le moindre effort.

[2] P.Ahadi Senge M., « Etablissements d’Enseignement Supérieur et Universitaire dans la ville de Goma en République Démocratique du Congo : entre compétition et coopération ? », International Journal of Innovation and Scientific Research, Vol. 26, N°. 2, Septembre 2016, pp. 397-405 ; Ahadi Senge et Kasereka Kabaya, « L’Université et ses fonctions sociales à Goma : essai d’évaluation des actions de l’Université de Goma », Revue de l’Institut de Recherches Sociales Appliquées, N°. 13, Kisangani, Presses Universitaires de Kisangani, Mai 2008, pp.165-174 ; A. Bashwira, « Evolution de l’enseignement supérieur et universitaire en République Démocratique du Congo : modèles conceptuels», Les Actes du forum universitaire kivutien sur la qualité de l’enseignement supérieur et universitaire en République Démocratique du Congo, tenu au Centre Olame du 24 au 26 juillet 2002, Bukavu, CERUKI, Octobre 2004, pp.8-18 ; Kasonia Kirarahumu, « La prolifération des Etablissements d’enseignement supérieur et universitaire à Goma : états de lieux et perspectives d’avenir », Cahiers des Sciences Sociales, Administratives et Politiques, N°. 2, Goma, Presses de l’Université de Goma, Septembre 2014, pp.153-170 ; L.D. Legge, « L’Université et son rôle d’innovation dans la société », Cahiers de l’Association Internationale des Universités, N°. 12, 1973, pp. 71-91 ; T. Obenga, Université africaine dans le cadre de l’Union Africaine, Paris, Pyramide Papyrus Presse, 2003 ; Otemikongo Mandefu et Longoli Mokomboli, « Partenariat éducatif à l’Université de Kisangani », Revue de l’Institut de Recherches Sociales Appliquées, N°. 10, Kisangani, Presses Universitaires de Kisangani, Décembre 2004, pp. 136-143 ; Otemikongo Mandefu et Lusumbe Bondondo, « Politique d’essaimage des Etablissements d’enseignement supérieur et universitaire dans la ville de Kisangani», Revue de l’Institut de Recherches Sociales Appliquées, N°. 7-8, Kisangani, Presses Universitaires de Kisangani, novembre 2001, pp.65-79 ; L. Saint Moulin (De), « La répartition et les défis de l’enseignement supérieur en RD Congo », Congo-Afrique, N°. 467, Kinshasa, CEPAS, Septembre 2012, pp.486-497 ; B. Verhaegen, L’enseignement supérieur au Zaïre : de Lovanium à l’UNAZA, 1958-1978, L’Harmattan/CEDAF/CRIDE, Paris/Bruxelles/Kisangani, 1978 ; M. Vukasović, « Perspectives des étudiants sur l’enseignement supérieur en tant que facteur dans la création de sociétés du savoir », Enseignement supérieur en Europe, Vol. XXVIII, N°. 1, Bucarest, UNESCO-CEPES, 2003, pp.78-82.

[3]L. N. Safoulanitou, L. N. Ndeffo et al., Enseignement supérieur en Afrique francophone. Crises, réformes et transformations. Etude comparative entre le Congo, le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, Dakar, CODESRIA, 2009, p.2.

[4] Ibid.

[5] Ibid, p.4.

[6]J.-P. Segihobe Bigira, L’émergence du savoir dans l’Assurance-Qualité. Discours du Recteur de l’Université de Goma, Goma, Presses de l’Université de Goma, 2016, p.47.

[7]J. Raymundo Martins Romêo, « L’enseignement supérieur en Amérique Latine », Enseignement  supérieur en Europe,  Vol. XXVIII, n°1 : L’enseignement supérieur au Vingt-et-unième siècle: une vision pour l’avenir, Bucarest, UNESCO-CEPES, 2003, p.43.

[8] G. Mokonzi Bambanota, Où va l’université au Congo-Kinshasa ? Paris, L’Harmattan, 2016, p.127.

[9]J.-P. Segihobe Bigira, Op.cit., p.48.

[10]K. F. Seddoh, « Le développement de l’enseignement supérieur en Afrique », Enseignement  supérieur en Europe,  Vol. XXVIII, n°1 : L’enseignement supérieur au Vingt-et-unième siècle: une vision pour l’avenir, Bucarest, UNESCO-CEPES, 2003, p.35.

[11] La méthodologie du classement du Journals Consortium considère les cinq dernières années, à savoir, 2010-2015, et s’est fondé sur les publications scientifiques et les citations dans les revues et publications internationales trouvées sur le moteur de recherche Google Scholar.

[12] L. Mashako Mamba, Préface du livre des A. Maindo M. Ngonga et P. Kapagama Ikonda (Dir.), L’Université en chantier en RD Congo. Regards croisés sur la réforme de l’enseignement supérieur et universitaire, Paris, Karthala, 2012, p.5.

[13] J.-P. Segihobe Bigira, Op.cit., p.48.

[14] O. Nay et al., Lexique de science politique. Vie et institutions politiques, 2e éd. Paris, Dalloz, 2011, p.327.

[15]I. Iliescu, « L’enseignement supérieur au Vingt-et-unième siècle et son rôle dans le développement de la Roumanie », Enseignement  supérieur en Europe,  Vol. XXVIII, N°. 1 : L’enseignement supérieur au Vingt-et-unième siècle: une vision pour l’avenir, Bucarest, UNESCO-CEPES, 2003, p.13.

[16] Il est virologue congolais, Directeur de l’Institut National de Recherches Biomédicales de Kinshasa et professeur à la Faculté de Médecine de l’Université de Kinshasa. Le Prix Christophe Mérieux 2015 lui a été décerné pour sa longue lutte sans relâche et émaillée de risques et de sacrifices contre l’épidémie d’Ebola depuis 1976 à Yambuku en République Démocratique du Congo.

[17] P. Kapagama Ikando, Op.cit., p.35.

[18]P. Kapagama Ikando, Ibid, p.46.

[19]I. Iliescu, art. cit., p.12.

[20] Lubala Kasi, « Médiocrité intellectuelle des tiers instruits dans la région des grands lacs africains », Les Actes du forum universitaire kivutien sur la qualité de l’enseignement supérieur et universitaire en République Démocratique du Congo, tenu au Centre Olame du 24 au 26 juillet 2002, Bukavu, CERUKI, octobre 2004,p.26.

[21] A. Kasay Katsuva, « Quelques considérations sur les études universitaires organisées au Kivu d’altitude et leur pertinence dans le processus de développement régional », Les Actes du forum universitaire kivutien sur la qualité de l’enseignement supérieur et universitaire en République Démocratique du Congo, tenu au Centre Olame du 24 au 26 juillet 2002, Bukavu, CERUKI, octobre 2004, p.68.

[22]J. Cheminade, Un monde sans la City ou Wall Street. Un grand chantier pour demain, Paris, L’Harmattan, 2012, p.11.

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