UCS-GOMA

Revue Sapientia N°3: Editorial

0 45

Editorial

L’Université Catholique la Sapientia de Goma nourrit et entretient l’ambition de construire des génies de transformation sociale. Ce troisième numéro de notre revue a cela pour horizon.

En effet, réfléchir sur le système d’enseignement du supérieur dans notre pays comme le fait le professeur Phidias, c’est, sans nul doute, tracer des voies de sortie de la crise organisationnelle aux multiples fléaux rongeant cette pépinière humaine qu’est l’université du Congo, pourtant l’une, si pas l’unique raison d’espérer à l’émergence.

C’est, une fois encore, la raison pour laquelle, estimant que l’économie sociale et solidaire constitue une issue à la crise financière qui, dans notre pays, ne dit plus son nom, que Myriam évalue l’impact des crédits sur les conditions de vie des membres d’une coopérative d’épargne et de crédit. Cette poignante analyse est une base d’amélioration des politiques de crédit dans notre région.

Et comme les fruits de notre système universitaire croupissent souvent dans le chômage, faute d’initiative et d’opportunités, trois chercheurs : Didier Fataki, Youri Buhakane et Eric Kasuku focalisent leur attention sur l’étude d’une réussite en matière d’entreprenariat agricole par un jeune de Goma. Ils démontrent ainsi qu’il y a à espérer et ouvrent une voie de sortie en donnant aux jeunes un exemple pouvant les inspirer.

Pour sa part, Nestor Salumu, s’inspirant de Gabriel Marcel, rappelle que la philosophie souvent prise pour une simple spéculation, peut et doit être au service de la vie concrète, comme cela l’a toujours été d’ailleurs sans que bon nombre de personnes utilitaristes s’en rendent compte. Pour preuve, seul le questionnement philosophique peut nous faire découvrir le sens holistique de notre trajectoire dans le monde et promouvoir les valeurs spirituelles, éthiques et intellectuelles qui sous-tendent les actions et les choix de notre vie quotidienne.

Dans une région où l’autre est souvent conçu comme tout à fait autre et non comme l’autre soi-même, Henri Chiza plaide pour une culture du débat, étant donné que notre labyrinthe existentiel nécessite d’être parcouru par tous avec l’idéal d’en sortir, tous, vainqueurs. C’est aussi ce que Philippe Banzi soulève en examinant l’ampleur ethnolinguistique des relations intercommunautaires souvent tendues dans l’Est de la RDC. Il montre que sur base de préjugés, l’exclusion fondée sur l’appartenance sociogéographique envenime le climat social. Face à cet état de choses, Kä Mana opte pour la conscience créatrice de solutions énergiques à travers la théologie de la libération holistique par l’énergie de l’imaginaire et la (re)découverte des mythes de résurrection comme chemin du salut. Un salut qu’il veut plénier et intégrateur.

Convaincu que les infrastructures routières constituent un indicateur de développement, et partant du fait que depuis 2011, la voirie urbaine de Goma est en chantier, Innocent Mukambilwa s’attèle à en évaluer l’impact sur le social et l’économique de la ville de Goma. Bien que les travaux trainent, il conclut à une corrélation et une causalité intrinsèque entre le taux de croissance, le fonds de financement investi et les distances des voiries réhabilitées en termes de kilomètres.

Vu que l’urbanisation n’est pas seulement innocente, Bulambo Milenge porte son attention sur les déterminants et conséquences des grossesses non désirées sur la santé de la femme et de l’enfant d’un quartier populeux de la ville de Goma. Il en déduit la nécessité d’une sensibilisation conjointe entre les organes étatiques et non étatiques pour réduire les méfaits de ce fléau qui, du reste, est un obstacle au développement.

Face aux défis sanitaires et économiques de l’heure, Wabenga Basilwango estime que les plantes médicinales constituent une solution intermédiaire pour la santé d’une population longtemps mis à mal par la guerre et ses corollaires. Selon lui, la biodiversité locale contient des ressources fondamentales pour des solutions adéquates et quasi durables. Raison pour laquelle il soutient la promotion de la phytothérapie et la médecine traditionnelle, pour une santé vraiment globale.

Puisse cette contribution scientifique, constituer un levier d’actions individuelles et collectives innovatrices en vue du changement pour le mieux-vivre-ensemble.

Prof Abbé Innocent Nyirindekwe Munyambaraga

Recteur de l’UCS-Goma et Rédacteur en Chef de la revue Sapientia.

 

Print Friendly, PDF & Email

Leave A Reply

Your email address will not be published.

Scroll Up