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Le Pape invite à redonner au sacrement de la confession «la place qu’il mérite»

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Le Pape François a présidé ce vendredi la célébration de la pénitence en la Basilique Saint-Pierre. Dans son homélie, il a insisté sur l’amour libérateur et incarné du Seigneur, reçu spécialement par chaque pécheur à travers la confession. Un «passage de la misère à la miséricorde» qui, d’après le Pape, se réalise de manière unique pour quiconque accepte d’y entrer. Il est donc important de découvrir à nouveau ce sacrement.

Lors de cette cérémonie pontificale qui marque le début de l’initiative mondiale “24 heures pour le Seigneur”, c’est le passage évangélique de la femme adultère (Jn 8, 1-11) qui a été proclamé. Un passage à propos duquel saint Augustin écrit, dans son Commentaire sur l’Évangile de saint Jean: «Il ne resta seulement qu’elles deux : la misère et la miséricorde». Cette phrase a servi ce soir de fil conducteur à l’homélie prononcée par le Saint-Père.

Comme Jésus, voir la personne avant son histoire

En introduction, François a d’abord rappelé que pour Jésus, «avant le péché, il y a le pécheur» – et son attitude envers la femme adultère en témoigne. «Moi, toi, chacun de nous, nous venons en premier dans le cœur de Dieu: avant les erreurs, les règles, les jugements, et avant nos chutes», a insisté le Pape, avant de demander à l’assemblée nombreuse rassemblée dans la nef de la Basilique: «demandons la grâce d’un regard semblable à celui de Jésus, demandons d’avoir l’image chrétienne de la vie, qui voit le pécheur avec amour avant le péché, celui qui a erré avant l’erreur, la personne avant son histoire».

Le Pape a poursuivi en montrant combien la venue du Fils de Dieu parmi les hommes transforme profondément leur existence. «Avec Jésus, miséricorde de Dieu incarnée, le moment d’écrire dans le cœur de l’homme est arrivé, de donner une espérance sûre à la misère humaine: de donner, non seulement des lois extérieures qui laissent souvent Dieu et l’homme distants, mais la loi de l’Esprit qui entre dans le cœur et le libère. C’est ce qui arrive pour la femme qui rencontre Jésus et qui se remet à vivre. Et elle part pour ne plus pécher», a expliqué le Souverain Pontife.

La confession comme victoire de l’amour sur le mal

Mais si Jésus nous libère du mal, «le mal est fort, il a un pouvoir séduisant: il attire, il fascine», a prévenu François. «Pour s’en détacher, notre engagement ne suffit pas, il faut un amour plus grand. On ne peut pas vaincre le mal sans Dieu: seul son amour redresse à l’intérieur, seule sa tendresse déversée dans le cœur rend libre. Si nous voulons être libérés du mal, de la place doit être faite au Seigneur qui pardonne et qui guérit», a-t-il poursuivi. Et cette libération se réalise par le sacrement de la confession, qui est «le passage de la misère à la miséricorde», «l’écriture de Dieu dans le cœur», d’après les mots du Pape. «À chaque fois, nous y lisons que nous sommes précieux aux yeux de Dieu, qu’il est Père et qu’il nous aime plus que nous nous aimons nous-mêmes», a-t-il souligné.

Le Saint-Père a ensuite rappelé l’efficacité de ce sacrement, qui constitue un irremplaçable point de repère pour le chrétien désorienté ou fatigué. «Le chrétien naît du pardon qu’il reçoit au Baptême, a-t-il déclaré, et il renaît toujours de là: du pardon surprenant de Dieu, de sa miséricorde qui restaure. C’est seulement en tant que pardonnés que nous pouvons repartir rassurés, après avoir éprouvé la joie d’être aimés du Père jusqu’au bout». Ce sacrement «nous donne un nouveau départ, il fait de nous une créature nouvelle, il nous fait toucher du doigt la vie nouvelle». «Le pardon de Dieu n’est pas une photocopie qui se répète à l’identique à chaque passage au confessionnal. Recevoir, par l’intermédiaire du prêtre, le pardon des péchés est une expérience toujours nouvelle, originale et inimitable. Elle nous fait passer du fait d’être seuls avec nos misères et nos accusateurs, comme la femme de l’Evangile, au fait d’être relevés et encouragés par le Seigneur qui nous fait repartir», a résumé François.

Repartir de la confession et regarder vers le Crucifié

Mais pour beaucoup demeurent certaines interrogations: «Que faire pour s’attacher à la miséricorde, pour vaincre la peur de la confession ?». Comme nous l’invite le prophète Isaïe (Is 43, 19), il est alors important de se «rendre compte du pardon de Dieu». «Il serait beau, après la confession, a suggéré le Saint-Père, de rester comme cette femme, le regard fixé sur Jésus qui vient de nous libérer : non plus sur nos misères, mais sur sa miséricorde. Regarder le Crucifix et dire avec étonnement: “Voilà où sont allés finir mes péchés. Tu les as pris sur toi. Tu ne m’as pas pointé du doigt, tu m’as ouvert les bras et tu m’as encore pardonné”». Cet acte de mémoire du pardon reçu et de la tendresse infinie de Dieu est essentiel aux yeux du Pape. «Parce que c’est le cœur de la confession: non pas les péchés que nous disons, mais l’amour divin que nous recevons et dont nous avons toujours besoin», a-t-il expliqué.

Et si le doute subsiste, si le découragement surgit, gardons la certitude que «le Seigneur nous connaît, il sait que le combat intérieur est dur, que nous sommes faibles et prêts à tomber, souvent récidivistes dans le mal. Et il nous propose de recommencer à être des récidivistes dans le bien et à faire de nous des créatures nouvelles», a affirmé le Pape.

Celui-ci a conclu son homélie par l’appel suivant: «Repartons alors de la Confession, redonnons à ce sacrement la place qu’il mérite dans la vie et dans la pastorale», «entrons dans cette rencontre, en demandant la grâce de la découvrir de nouveau».

Un appel auquel pourront répondre tous ceux qui se rendront dans les églises laissées ouvertes en continu les 24 prochaines heures dans les diocèses du monde entier. Au cours de la soirée du vendredi 29 mars et pendant toute la journée du samedi 30 mars, de nombreuses églises offriront ainsi la possibilité de se confesser, sur fond d’adoration eucharistique. L’initiative “24 heures pour le Seigneur” a été lancée en 2014 par le Pape François. Elle a pour thème cette année: «Moi non plus, je ne te condamne pas» (Jn, 8,11).

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