UCS-GOMA

Le 3ème Numéro de la Revue Sapientia en ligne

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Editorial

L’Université  Catholique  la  Sapientia  de  Goma  nourrit  et  entretient l’ambition  de  construire  des  génies  de  transformation  sociale.  Ce troisième numéro de notre revue a cela pour horizon.

En  effet,  réfléchir  sur  le  système  d’enseignement  du  supérieur  dans notre pays comme le fait le professeur Phidias,  c’est, sans nul doute, tracer  des  voies  de  sortie  de  la  crise  organisationnelle  aux  multiples
fléaux rongeant cette pépinière humaine qu’est l’université du Congo, pourtant l’une, si pas l’unique raison d’espérer à l’émergence.

C’est,  une  fois  encore,  la  raison  pour  laquelle,  estimant  que l’économie sociale et solidaire  constitue une issue à la crise financière qui, dans notre pays, ne dit plus son nom, que Myriam évalue l’impact des  crédits  sur  les conditions  de  vie  des  membres  d’une  coopérative d’épargne  et  de  crédit.  Cette  poignante  analyse  est  une  base d’amélioration des politiques de crédit dans notre région.

Et comme les fruits de notre système universitaire croupissent souvent dans le chômage, faute d’initiative et d’opportunités, trois chercheurs :

Didier Fataki, Youri Buhakane et Eric Kasuku focalisent leur attention sur l’étude  d’une  réussite en matière d’entreprenariat agricole par un jeune de Goma. Ils démontrent ainsi qu’il y a à espérer et ouvrent une voie de sortie en donnant aux jeunes un exemple pouvant les inspirer.

Pour  sa part,  Nestor  Salumu,  s’inspirant  de  Gabriel  Marcel,  rappelle que  la philosophie souvent prise pour une  simple spéculation,  peut et doit  être  au  service  de  la  vie  concrète,  comme  cela  l’a  toujours  été d‟ailleurs sans que bon  nombre de personnes utilitaristes s’en rendent compte.  Pour preuve, seul le questionnement philosophique peut  nous faire découvrir le sens holistique de notre trajectoire dans le monde et promouvoir  les  valeurs  spirituelles,  éthiques  et  intellectuelles  qui sous-tendent les actions et les choix de notre vie quotidienne.

Dans une région où l’autre  est souvent conçu comme  tout à fait autre et non comme  l’autre soi-même,  Henri Chiza plaide pour une culture du débat, étant donné que  notre  labyrinthe  existentiel  nécessite d’être parcouru par tous avec l’idéal d‟en sortir, tous, vainqueurs. C’est aussi ce que  Philippe  Banzi  soulève  en  examinant  l’ampleur  ethnolinguistique des relations intercommunautaires  souvent  tendues  dans l’Est de la  RDC.  Il  montre  que  sur  base  de  préjugésl’exclusion  fondée  sur l’appartenance  sociogéographique  envenime  le  climat  social.  Face  à cet état de choses, Kä Mana opte pour la conscience créatrice de solutions  énergiques à  travers  la  théologie de  la  libération  holistique  par l’énergie de l’imaginaire et la (re)découverte des mythes de résurrection comme chemin du salut. Un salut qu’il veut plénier et intégrateur.

Convaincu  que  les  infrastructures  routières  constituent  un  indicateur de développement, et partant du fait que depuis 2011, la voirie urbaine de Goma est en chantier, Innocent Mukambilwa s’attèle à en évaluer l’impact sur le social et l’économique  de la ville de Goma.  Bien que les travaux trainent, il conclut à une corrélation et une causalité intrinsèque  entre le taux de croissance, le fonds de financement investi et les distances des voiries réhabilitées en termes de kilomètres.

Vu  que  l’urbanisation  n’est  pas  seulement  innocente,  Bulambo  Milenge  porte  son  attention  sur  les  déterminants  et  conséquences  des grossesses non désirées sur la santé de la femme et de l’enfant d’un quartier populeux  de la ville de Goma.  Il en déduit  la nécessité d’une sensibilisation  conjointe  entre  les  organes  étatiques  et  non  étatiques pour  réduire les méfaits de ce  fléau qui, du reste, est un obstacle au développement.

Face aux défis sanitaires et économiques de l’heure, Wabenga Basilwango  estime  que  les  plantes  médicinales  constituent  une  solution intermédiaire pour la santé d’une population longtemps mis à mal par la  guerre  et  ses  corollaires.  Selon  lui,  la  biodiversité  locale  contient des  ressources  fondamentales  pour  des  solutions  adéquates  et  quasi durables.

 Raison pour laquelle il soutient la promotion de  la phytothérapie et la médecine traditionnelle, pour une santé vraiment globale.

Puisse  cette  contribution  scientifique,  constituer  un  levier  d’actions individuelles et collectives innovatrices en vue du changement  pour le mieux-vivre-ensemble.

Prof Abbé Innocent Nyirindekwe Munyambaraga
Recteur de l’UCS-Goma et Rédacteur en Chef de la revue Sapientia.

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