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Analyse des facteurs d’une meilleure administration scolaire face à la baisse de la qualité d’enseignement dans le contexte post-conflit au Nord-Kivu

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Analyse des facteurs d’une meilleure administration scolaire face à la baisse de la qualité d’enseignement dans le contexte post-conflit au Nord-Kivu

 Abbé Innocent MUKAMBILWA Babingwa,      DEA en Socio-économie,

Assistant à l’UCS-Goma

 

Résumé

Le mérite de ce travail ne s’écarte du souci commun d’un diagnostic des paramètres explicatifs de la crise de l’éducation décriée pour l’école actuelle qui, jadis, représentait le symbole de la réussite sociale, mais n’est plus en mesure d’assurer cette fonction. Dans le contexte post conflit au Nord- Kivu, ce défi n’est pas uniquement lié au phénomène de la récurrence des guerres, mais à bien d’autres, notamment le déficit de politiques de qualité visant l’amélioration aussi bien des conditions de travail que le bien être des éducateurs. A l’aide de la table d’Alain BOUCHARD de détermination de la taille de l’échantillon corrigé suivant la loi de 96 répondants, les résultants d’enquête et leur rapprochement avec les constats des sources indépendantes, orientent tour à tour vers les facteurs d’une meilleure administration scolaire à renforcer face à la baisse de la qualité d’enseignement.

Mots clés : administration, école, enseignement, éducation, Nord-Kivu

Introduction

 

Pour l’Est de la République Démocratique du Congo où s’est quasiment installée une mentalité de vouloir rattacher tout échec aux effets des guerres, la paix durable est possible à la condition d’un travail rigoureux sur les particularités des guerres qui ne justifieraient pas en bloc la crise décriée dans le domaine scolaire. Sont-elles des affres des guerres qui expliqueraient la baisse de la qualité d’enseignement? A quel degré les exigences d’une meilleure administration scolaire sont respectées en vue de la qualité d’enseignement ?

Edouard MATOKO estime que la baisse de la qualité d’enseignement dépend de la manière dont sont gérées les écoles et non uniquement des aléas des guerres des dernières décennies. Aussi la capacité des écoles à améliorer l’enseignement et l’apprentissage serait fortement influencée par les aptitudes de direction du chef d’établissement et la volonté du politique pour l’arrêt de ce qui déstabiliserait le système de travail. Si les politiques d’éducation menées au début des années 70 ont permis d’accroitre les effectifs scolaires en accordant une importance presque secondaire aux problèmes d’inefficacité ou de la qualité d’enseignement, pour « les problèmes d’inefficacité des systèmes africains sont la résultante essentielle de deux facteurs: la dégradation des infrastructures scolaires d’une part et celle des conditions de travail des enseignants, d’autre part. Ces deux facteurs se traduisent par une qualité médiocre de l’enseignement, un faible rendement scolaire, et de multiples abandons en cours de cycle»[1]

Il y a lieu, pour le Nord-Kivu, de penser autrement le problème de la baisse de la qualité d’enseignement, en partant non seulement d’enjeux des guerres mais aussi d’exigences de l’administration scolaire. Car si les établissements scolaires sont d’abord des unités pédagogiques, elles sont aussi des grandes entités administratives; et donc, si le rôle pédagogique du chef d’établissement est essentiel, son rôle d’administratif et de gestionnaire prend de plus en plus de l’importance aujourd’hui compte tenu de la mission de l’école et de l’évolution actuelle dans les méthodes de gestion des ressources humaines[2].

L’effort se veut une contribution à l’analyse des facteurs d’une meilleure administration scolaire comme réponse au défi de la baisse de la qualité d’enseignement dans le contexte post conflit au Nord-Kivu. Concrètement, il s’agit, dans une approche systémique, de percer les ombres et lumières de l’administration éducative des écoles secondaires de la Sous-division urbaine de Goma, et ce, pour la période de 2013 à 2014, notamment pour les Instituts aussi bien du réseau privé que conventionné (catholique et protestant) enquêtés entre les mois de mai et juin 2015.

 

I. Population et objet d’étude

La population d’étude a été estimée à l’aide de la table d’Alain Bouchard pour déterminer la taille de l’échantillon. Selon cet auteur, quand l’univers de l’enquête est supérieur à 1.000.000 enquêtés, il est considéré comme infini. Ainsi, on lui fait correspondre un échantillon de 96 enquêtés avec une marge d’erreur de 10%; et lorsqu’il est fini, c’est-à-dire inférieur à 1.000.000 enquêtés, on applique la formule de la taille de l’échantillon corrigé[3]. En 2014-2015, notre population fut estimée à 77406 dont 73423 élèves et 3978 membres du personnel, pour un total de 190 écoles dans la Sous division urbaine de Goma, tous les réseaux confus[4]. La population mère est donc inférieure à 1.000.000 individus ; ce qui permet l’application de la formule corrigée suivant la loi ci-dessous :

nc = taille d’échantillon corrigé

N = taille de la population mère

n = taille de l’échantillon pour une population

La répartition de l’échantillon fut orientée vers deux strates obtenues par une proportion simple sur la population mère estimée à 77406; et donc, sur l’effectif de 3978 membres du personnel,  5 pour tous les réseaux sont sélectionnés, et sur le nombre de 73423 élèves, 91 du degré terminal sont retenus. Par rapport aux entités, 34 enquêtés sont des Instituts MAMA YETU et UMOJA pour le Réseau privé, 16 du Lycée Chem Chem et à l’Institut UZIMA pour le Réseau Conventionné Catholique et 41 de l’Institut FARAJA pour le Réseau Conventionné protestant.

Partant d’Alain GILLES pour qui une variable est « un concept transformé en outil de recherche et présentant des modalités devant servir à classifier les observations s’y rapportant»[5], la présente analyse esquisse la possibilité d’une relation de causalité entre une meilleure administration scolaire et la qualité d’enseignement, et ce, à partir, d’une part, de la perception des enquêtés sur divers paramètres explicatifs; et d’autre part, du test de Chi- deux issu de la Version 17.0 du ‘’ Stastical Package for the Social Sciences’’ et du rapprochement entre les résultats d’enquête et quelques éléments issus des réflexions des tierces.

II. La perception des enquêtés sur les facteurs explicatifs d’une meilleure administration scolaire et la qualité d’enseignement

Tableau n°1: Relation entre la baisse de la qualité d’enseignement et les guerres des dernières décennies au Nord-Kivu

La baisse de la qualité d’enseignement dans la Province du Nord-Kivu est –elle liée aux guerres des dernières décennies ? Fréquence Pourcentage
Non, nous étions épargnés parce que nos écoles sont en Ville 18 19
Oui; les activités scolaires en étaient bloquées et en étions déconcentrés 51 53
Le bas niveau des élèves est toujours décrié même sans la situation des guerres 8 9
Même avant les guerres le problème était déjà constaté dans le système éducatif Congolais 18 19
Total 96 100,0

Source: Résultats d’enquête sur le terrain

53 % des enquêtés attestent que suite aux guerres les activités scolaires étaient bloquées. D’autres, respectivement 19 % attestent qu’ils en étaient épargnés en Ville où leurs écoles fonctionnent; et 9% affirment que le bas niveau était toujours constaté et décrié même indépendamment des guerres des dernières décennies à l’Est de la RD Congo.

Tableau n°2: Les facteurs d’une meilleure administration scolaire

Quels sont les facteurs d’une meilleure administration scolaire? Fréquence Pourcentage
Bonne gestion 3 3,1
Les enseignants sont payés 6 6,3
Collaboration autorités, enseignants, élèves et parents 27 28,1
Objectifs et vision de l’école compris par tous 7 7,3
Enseignants qualifiés 53 55,2
Total 96 100,0

Source: Résultats d’enquête sur le terrain

55,2% des répondants attestent que la qualité d’enseignement est plus justifiée par les enseignants qualifiés, et 28,1% des répondants privilégient la collaboration entre les parties prenantes, notamment, les autorités scolaires, les enseignants, les élèves et les parents.

Tableau n°3: Les exigences d’une meilleure administration scolaire

Quelles sont les exigences d’une administration scolaire qui visent la qualité d’enseignement?

Fréquence Pourcentage
La paie d’un salaire décent aux enseignants 21 22
La mise en place d’instruments de base: labo, bibliothèque et matériels didactiques 22 22,9
Le dialogue des enseignants avec les élèves sur leurs problèmes 11 11,4
La bonne organisation de la discipline 23 24
L’installation d’un leadership efficace (organisation régulière des réunions enseignants et élèves) 10 10,4
La mise en place d’un comité des parents efficace 9 9,4
Total 96 100,0

Source: Résultats d’enquête sur le terrain

La bonne organisation de la discipline l’emporte avec le score de 24%; ensuite, la mise en place d’instruments de base (labo, manuels et matériels didactiques) attestée par 22,9% de répondants; et enfin, la paie des enseignants à temps,  témoignée par 21,9% d’enquêtée.

 Tableau n°4: Les causes de la baisse de la qualité d’enseignement au sein des écoles de la Sous- Division Urbaine de Goma

Quelles sont les causes de la baisse de la qualité d’enseignement au sein des écoles de la Sous- Division Urbaine de Goma Fréquence Pourcentage
Recrutement des enseignants par les critères aléatoires 22 23
Répartition des cours sans tenir compte des qualifications 13 14
Désordre lors des évaluations: interrogations et examens 9 9
Partialité dans le processus des mesures disciplinaires 6 6
Salaire insuffisant 4 4
Locaux inadaptés: pas de laboratoires, bibliothèque, matériels didactiques 34 36
Nouveaux enseignants chaque année (pas de fidélisation de l’emploi) 8 8
Total 96 100,0

Source: Résultats d’enquête sur le terrain

 

Parmi les causes principales de la baisse de la qualité d’enseignement au sein des écoles de la Sous- Division Urbaine de Goma, 36% des enquêtés soulignent le phénomène des locaux inadaptés; 23% citent le recrutement des enseignants par les critères aléatoires; 14% pensent à la répartition des cours sans tenir compte des qualifications. D’autres causes ne sont pas négligées, notamment, le désordre lors des évaluations: interrogations et examens, soit 9% d’enquêtés; le recrutement de nouveaux enseignants chaque année, soit 8%; la partialité dans le processus des mesures disciplinaires, soit 6% et le salaire insuffisant, 4%.

Tableau n°5: Les opportunités à saisir par les éducateurs dans la quête de la qualité

Quelles sont les opportunités à saisir par les éducateurs en quête de la qualité d’enseignement?

Fréquence Pourcentage
La permanence des autorités à l’école 4 4
La planification des activités à tous les niveaux et le suivi 25 26
L’obéissance des élèves 11 11
La franche collaboration à tous les niveaux 22 23
L’accompagnement psycho social et spirituel des élèves 7 7
L’encouragement des élèves à l’assiduité et à l’efficacité 13 14
La mise en place d’un leadership efficace 14 15
Total 96 100,0

Source: Résultats d’enquête sur le terrain

 

Dans l’ensemble, par rapport, aux opportunités à saisir par les éducateurs dans la quête de la qualité, 26% d’enquêtés indiquent la planification des activités à tous les niveaux et le suivi; 23% d’enquêtés soulignent la franche collaboration; 15% d’enquêtés pensent à la mise en place d’un leadership efficace; 14% indiquent l’encouragement des élèves à l’assiduité et à l’efficacité à tous les niveaux; l’obéissance des élèves est attestée par 11% des répondants et 7% ont insisté sur l’accompagnement psycho social et spirituel des élèves.

Tableau n°6: Les attitudes éducatives face à la baisse de la qualité d’enseignement

Quelles sont les attitudes éducatives face à la baisse de la qualité d’enseignement? Fréquence Pourcentage
La multiplication des campagnes de sensibilisation sur l’amour du travail et sens de responsabilité 5 5
La formation des éducateurs et des apprenants sur la culture de l’excellence et de l’honneur 43 45
La lutte contre la médiocrité par le processus d’actions disciplinaires 10 10
La culture de l’esprit de recherche 38 40
Total 96 100,0

Source: Résultats d’enquête sur le terrain

Par rapport aux attitudes éducatives face à la baisse de la qualité d’enseignement, 45% d’enquêtés soulignent la formation des éducateurs et des apprenants sur la culture de l’excellence et de l’honneur; 40% des répondants indiquent la culture de l’esprit de recherche; 10% d’enquêtés pensent à la lutte contre la médiocrité par le processus d’actions disciplinaires et 5% sur la multiplication des campagnes de sensibilisation sur l’amour du travail et sens de responsabilité.

 Tableau n°7: L’orientation de la responsabilité éducative des parents dans le processus de la quête de la qualité scolaire

Quelle est l’orientation de la responsabilité éducative des parents dans le processus de la quête de la qualité scolaire Fréquence Pourcentage
Le soutien matériel et l’accompagnement psychosocial et spirituel des élèves par leurs parents 17 17
Le suivi de proximité des élèves par les parents 18 19
La paie de la prime des enseignants dans le délai prévu 36 38
La collaboration des parents avec les enseignants et les autorités scolaires 25 26
Total 96 100,0

Source: Résultats d’enquête sur le terrain

Par rapport à l’orientation de la responsabilité éducative des parents dans le processus de la quête de la qualité scolaire, 38% d’enquêtés soulignent la paie de la prime des enseignants dans le délai prévu; 26% des répondants pensent à la collaboration des parents avec les enseignants et autorités scolaires; 19% d’enquêtés indiquent le suivi de proximité des élèves par les parents; et 17% recommandent le soutien matériel et l’accompagnement psychosocial et spirituel des élèves par leurs parents.

Tableau n°8: Les acquis à renforcer dans le système éducatif pour une meilleure administration scolaire et la quête de la qualité d’enseignement

Quels sont les acquis à renforcer dans le système éducatif pour une meilleure administration scolaire et la qualité d’enseignement? Fréquence Pourcentage
La sécurité 28 29
Le contrôle d’horaires des loisirs pour les élèves 12 13
L’isolement du milieu éducatif de toutes formes de distractions ou loisirs 21 22
La collaboration des parties prenantes au tour d’un projet éducatif dûment élaboré : confessions religieuses, ONG, l’Etat, etc. 35 36
Total 96 100,0

Source: Résultats d’enquête sur le terrain

Par rapport aux acquis à renforcer dans le système éducatif, 36% d’enquêtés indiquent la collaboration entre acteurs au tour d’un projet éducatif dûment élaboré : confessions religieuses, ONG, l’Etat, etc.; 29 % d’enquêtés pensent à la sécurité; 22% de répondants indiquent l’isolement du milieu éducatif de toutes formes de distractions ou loisirs; et 13% suggèrent le contrôle d’horaires des loisirs pour les élèves.

II.2. Test de chi-deux et rapprochement entre les résultats d’enquête et quelques constats issus des sources indépendantes

La baisse d’enseignement est attribuée à bien d’autres paramètres comme le recrutement d’enseignants par des critères aléatoires comme l’ont attesté 23% d’enquêtés ; le manque de locaux et équipements adaptés (bâtiments, laboratoires, bibliothèque, matériels didactiques) souligné par 35% de répondants; les enseignants qualifiés qu’il faut recruter selon 55% d’enquêtés ; la collaboration des parties prenantes au tour d’un projet éducatif dûment élaboré et suivi d’après 36 % d’interviewés.

Pour le Ministère de l’EPSP, « la seule détermination et les seules compétences du chef d’établissement ne peuvent jamais permettre à l’école d’atteindre ses objectifs. La réussite de l’école demeure le résultat des efforts conjugués de tous et de la bonne exécution par chacun de son rôle. Les collaborateurs sont alors des partenaires de l’action en vue de la réalisation des objectifs de l’école »[6]

Pendant que la paie de la prime des enseignants dans le délai prévu ait été souligné par 38% d’enquêtés dans le processus de la quête de la qualité scolaire, pour KALALA, « la question de la prise en charge des enseignants par les parents d’élèves , nous semble-t-il, l’illustration de l’incapacité de l’Etat qui ne sait pas se prendre en charge par ses entreprises et ses citoyens.(…). L’enseignement, comme tous les services publics, doit être pris en charge, grâce à l’impôt, par l’ensemble de citoyens, surtout les plus entreprenants»[7]. La paie des enseignants identifiée par 22% d’enquêtés est le « prix à payer pour un enseignement de qualité »[8]. Léon de Saint MOULIN, au sujet de l’avenir de l’enseignement en RDC, «(…) retient avoir des dirigeants ayant une bonne conscience professionnelle en priorité sur un bon système d’éducation et d’enseignement (48,7% contre 20,4%) (…) et que si les enseignants étaient mieux payés, ce qui changerait surtout c’est la qualité de leur enseignement (37,2%)…»[9].

 

Le résultat de Jacques HALLAK sur l’étude effectuée en Afrique subsaharienne dénonce le fait que « les salaires des enseignants étaient inférieurs à ceux des sténodactylographes et que leurs traitements ont diminué en moyenne de 17% en termes réels entre 1980 et 1985. Dans certains pays, cette diminution a été encore plus rapide: au Congo et au Togo, les maîtres du primaire et du secondaire gagnaient 30% de moins en termes réels en 1985 qu’en 1980 »[10]. Le salaire décent aux enseignants devenu un litige récurrent, détermine la qualité d’enseignement de même que la franche collaboration entre les acteurs du secteur à la base.

 

Dans le sens du DOCUMENT DE LA STRATEGIE DE CROISSANCE ET DE REDUCTION DE LA PAUVRETE, la baisse de la qualité d’enseignement en RD Congo dépend de plusieurs déficiences, notamment, l’inégalité sociale dans l’accès, un grand nombre de petites écoles, des curriculums obsolètes, un manque d’enseignants qualifiés dans certaines disciplines, les moyens de fonctionnement et les équipements limités et manque de livres et des matériels pédagogiques et le coût élevé de l’enseignement privé[11].

 

Au Nord-Kivu, notamment dans les Territoires de Rutshuru et Nyiragongo où les écoles avaient été soit détruites, soit pillées lors de la guerre entre les FARDC et le M23, nombreuses n’ont plus de manuels scolaires et la majorité de leurs enseignants ne sont ni reconnus officiellement par l’Etat, ni qualifiés. Les écoles sont confrontées à des difficultés de diverse nature, des classes surpeuplées, où les élèves ont des difficultés d’écrire car leurs bancs ne sont pas adaptés. Les uns n’ont pas de cahiers, les autres pas de stylos et les matériels didactiques ne sont pas appropriés[12]. Pour Edouard MATOKO, « même si l’on admet que l’éducation peut être dispensée sous un arbre comme aux temps anciens, il est néanmoins probable, que de telles situations portent préjudice à la bonne santé des élèves et altèrent leurs capacités d’apprentissage.»[13]

 Conclusion

Il faut le reconnaître, en République Démocratique du Congo, le schéma de l’administration de l’éducation, bien qu’il soit complexe, a survécu aux bouleversements des deux dernières décennies.

Il est important de signaler le fait que le rôle de l’administration ait été de plus en plus confiné à donner son agrément à de nouvelles écoles, au recrutement et à l’affectation des enseignants sur le terrain. Dans le sens du Département du développement humain pour la Région Afrique au niveau de la Banque Mondiale, ce qui est surprenant, c’est que malgré une longue période de dégradation du système scolaire, il subsiste des normes très précises à tous les niveaux, soit en matière de taille des classes, soit de dotation des écoles en personnel, et bien d’autres ; ce qui est inhabituel dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne. Ce qui est encore plus remarquable, beaucoup de ces normes sont encore respectées[14]. Malheureusement, au regard de résultats de recherche, malgré le respect des normes administratives, la corrélation avec la qualité d’enseignement n’est pas encore remarquable à plusieurs égards.

 

Face à la baisse de la qualité d’enseignement, les facteurs tels que la mise en place d’un leadership efficace, le sens de collaboration, la motivation, le respect des procédures ainsi que de la mission et vision de l’école, la participation des parties prenantes, propulseraient à coup sûr une meilleure administration qui privilégie la dimension psychologique de l’homme comme principale ressource et solution à la crise.

 Bibliographie

 

  1. BUREAU DE COORDINATION NATIONALE DES ECOLES CONVENTIONNES PROTESTANTES, Guide du Chef d’établissement scolaire (n° II): Outils et processus de gestion administrative d’un établissement scolaire, Kinshasa, 2003
  2. GILLES A., Eléments de méthodologie et d’analyse statistique pour les sciences sociales, Montréal, Mc Graw-Hill, 1994
  3. HALLAK J., Investir dans l’avenir. Définir les priorités de l’éducation dans le monde en développement, UNESCO- L’Harmattan, Paris, 1990
  4. KALALA BWABO, «La prise en charge des enseignants par les parents d’élèves. Quelques considérations», in Congo-Afrique n° 431 (janvier 2009)
  5. Léon de Saint MOULIN, «Les problèmes de l’éducation en RDC selon une enquête effectuée à Kinshasa/Mont-Ngafula», in Congo-Afrique, n° 427(sept.2008)
  6. MATOKO E., L’Afrique par les Africain: utopie ou révolution?, Paris, L’Harmattan, 1996
  7. RDC/Ministère de l’EPSP-Direction des Réformes et Innovations Educatives, LA BONNE GOUVERNANCE EN MILIEU SCOLAIRE: Module de formation des membres du comité des parents d’élèves et des membres du conseil de gestion des établissements scolaires. Réalisé avec l’appui technique et financier de l’Unicef, Octobre 2012
  8. SOUS-DIVISION URBAINE DE L’EPSP/GOMA, Rapport synthétique de la rentrée scolaire 2013-2014, inédit, 2015

 

WEBOGRAPHIE

 

  1. Banque mondiale- Département du développement humain/Région Afrique, Le système éducatif de la République Démocratique du Congo: priorités et alternatives, January 2005, p.112. Disponible sur http://ibe.unesco.org. Consulté en ligne le 04 juillet 2016, 01h30’
  2. MUTEZINTARE Ch., Les facteurs de succès d’une entreprise de tourisme au Rwanda, Mémoire présentée à l’Université nationale du Rwanda, 2008, in memoireonline.com>Economie et Finance. (Consulté en ligne le 03 juillet 2016 à 11h10’)
  3. MONUSCO FONDATION HIRONDELLE. Nord-Kivu: Des écoles fonctionnent sans programme scolaire à Nyiragongo, information publiée ven 31/01/2014 – 13 :16’, modifiée sam 08/08/ 2015 – 10: 45’, Disponible sur http://www.radiookapi.net/actualité. Consulté le 04 juillet 2016, 01 h50’

 

[1] E.MATOKO, L’Afrique par les Africain: utopie ou révolution?, Paris, L’Harmattan, 1996, p.139.

[2] Cf. BUREAU DE COORDINATION NATIONALE DES ECOLES CONVENTIONNEES PROTESTANTES, Guide du Chef d’établissement scolaire (n° II): Outils et processus de gestion administrative d’un établissement scolaire, Kinshasa, 2003, p.8.

[3] Cf. A. BOUCHARD, cité par Ch. MUTEZINTARE, Les facteurs de succès d’une entreprise de tourisme au Rwanda, Mémoire présenté à l’Université nationale du Rwanda, 2008, in www.memoireonline.com>Economie et Finance. (Consulté en ligne le 03 juillet 2016 à 11h10’)

[4] SOUS-DIVISION URBAINE DE L’EPSP/GOMA, Rapport synthétique de la rentrée scolaire 2013-2014, inédit, 2015

[5] A. GILLES, Eléments de méthodologie et d’analyse statistique pour les sciences sociales, Montréal, Mc Graw-Hill, 1994, p.30

[6][6] RDC/Ministère de l’EPSP-Direction des Réformes et Innovations Educatives, LA BONNE GOUVERNANCE EN MILIEU SCOLAIRE: Module de formation des membres du comité des parents d’élèves et des membres du conseil de gestion des établissements scolaires. Réalisé avec l’appui technique et financier de l’Unicef, Octobre 2012

[7] KALALA BWABO, «La prise en charge des enseignants par les parents d’élèves Quelques considérations», in Congo-Afrique n° 431(janvier 2009), p.57

[8] Ibid.

[9] Léon de Saint MOULIN, «Les problèmes de l’éducation en RDC selon une enquête effectuée à Kinshasa/Mont-Ngafula», in Congo-Afrique, n° 427(sept.2008), p. 586

[10] J.HALLAK, Investir dans l’avenir. Définir les priorités de l’éducation dans le monde en développement, UNESCO- L’Harmattan, Paris, 1990, p.40

[11] RDC, Document de la Stratégie de Croissance et de réduction de la pauvreté, Juillet 2006, p.38

[12] MONUSCO FONDATION HIRONDELLE. Nord-Kivu: Des écoles fonctionnent sans programme scolaire à Nyiragongo, information publiée ven 31/01/2014 – 13 :16’, modifiée sam 08/08/ 2015 – 10: 45’, Disponible sur http://www.radiookapi.net/actualité. Consulté le 04 juillet 2016, 01 h50’

[13] E. MATOKO, Op. cit., p. 140

[14] Cf. Banque mondiale- Département du développement humain/Région Afrique, Le système éducatif de la République Démocratique du Congo: priorités et alternatives, January 2005, p.112. Disponible sur http://www.ibe.unesco.org. Consulté en ligne le 04 juillet 2016, 01h30’

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